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Une incursion de Sony-Columbia dans le dessin-animé pour "adultes" (ou "ados acnéiques" pour être plus précis), pourquoi pas. Dès le départ lorsqu'on fait connaissance avec nos deux personnages principaux, une saucisse et un bun vulgaire à souhait qui n'a qu'une envie - se faire pénétrer -, on sent qu'on est bien dans le bon vieux graveleux de base, pour ne pas dire, vu les dialogues rythmés par le mot fuck, dans le gaulois pur - sauf respect Nico. C'est du bon vieux politiquement incorrect et, même si cela reste en dessous de la ceinture, ça change un brin. Au bout de la première demi-heure, on commence tout de même à grincer des dents : tout d'abord parce qu'esthétiquement c'est affreux (certes, les supermarchés ne sont pas un exemple de bon goût mais les décors en arrière-fond sont juste à vomir) et qu'au niveau des stéréotypes, on est dans du très lourd de chez très lourd - du beauf, dirait-on chez nous, du pur Trump, dirait-on chez eux : les personnages juifs, musulmans, mexicains (...) sont des caricatures assez... C'est le principe de la caricature, hein, mais on se dit que là, les scénaristes ne font pas vraiment pas dans la finesse, dans la nuance (même si, plus tard, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il est capable de vivre ensemble, on sera vraiment parti de très bas pour en arriver à ce discours tout aussi simpliste d'ailleurs)... Bref. Qu'en est-il de l'histoire elle-même, sinon ? Bah, pour faire simple, nos chers produits alimentaires pensent qu'une fois en dehors du supermarché, ils vont être choyés. Quand certains produits qui reviennent de l'enfer consumériste se rendent compte qu'ils sont destinés à être découpés, ébouillantés, boulottés, la résistance se met en place - la rébellion contre les clients n'est pas loin... Oui, cela ne va pas chercher plus loin...

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Si l'on voulait chercher quelques points positifs à la chose, on pourrait évoquer la séquence de "chute des produits du charriot en supermarché", une séquence filmée façon débarquement durant la seconde guerre mondiale : nos produits sont explosés, écrasés, mis en bouillie et l'on rit de cette pauvre boîte de conserve qui perd ses tripes ou de cette banane fantomatique... La scène d'horreur dans la cuisine marque également des points : nos produits sont tout jouasse d'avoir enfin été achetés et se retrouvent en quelques secondes face à la réalité : la boucherie, le massacre organisé... Les auteurs osent également parfois le cracra - la plainte de ce préservatif usagé peu ragoutant - mais avouons que dans l'ensemble cela reste très gentillet dans le côté provocateur ou simplement "érotico-pornographique". La provoc est plus, disais-je, dans ce vocabulaire peu châtié ou dans les stéréotypes communautaristes mais avouons que la lourdeur de l'artillerie laisse un goût méchamment amer. On est certes content que la saucisse Herta à la con ultra pacifiste passe enfin à l'attaque, on reste déçu devant les facilités extrêmes du fond (tellement stéréotypés et datés... et grossiers) et par la pauvreté esthétique de la forme. Gross as they said.

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