4962260_6_8296_l-actrice-norma-bengell-joue-sanya_68e50ae00c8a26c44abd14e31182137e

Ah c'est pas tout à fait du cinéma hollywoodien qui nous est proposé là, ça rape les yeux, les acteurs post-synchronisés sont tout à fait nuls, c'est kitsch, mais le fait est que voilà un film intrigant et assez réussi. L'univers est typique de la SF classique : lumières qui clignotent bêtement, combinaisons (légèrement SM) de cuir qui moulent les formes, planète hostile, tout y est. Sur cette planète atterit à l'arrache un vaisseau spatial à la recherche d'un autre vaisseau porté disparu. L'équipage est alors sujet à une série d'actes de folie, puis peu à peu à des morts subites. C'est alors que notre fine équipe de survivants découvrent l'horrible vérité : la planète est occupée par des aliens qui utilisent l'enveloppe charnelle des hommes pour survivre, et dont le but est de coloniser la Terre. Ça vous rappelle rien ? voilà un film qui constitue l'ébauche de Alien, qui en a même déjà plein d'élements visuels autant que scénaristiques.

Planet-of-the-Vampires-zombie-alien-vampire

En tout cas, celui-là se démarque largement de son successeur, en s'inscrivant profondément dans l'esthétique de l'époque. Les décors, assez géniaux, sont typiquement sixties, et pourtant convoquent toute une imagerie antique, qui fait ressembler parfois le film à un peplum. C'est fait avec du carton-pâte comme c'est pas permis, mais en même temps, les lumières, les couleurs, et cette curieuse utilisation de grands espaces vides vous rentrent dans l'oeil façon expérience psychédélique. Peu à peu le film s'enfonce dans des ambiances de plus en plus noires, notamment grâce à ces cadavres qui sortent brusquement de leur tombe, en laissant derrière eux des linceuls de plastiques vaporeux parfaitement cinégéniques. Certes, le film manque de rythme, et on fatigue, à force, à regarder ces gens se piquer le fameux volant pour retourner sur la Terre. Le sérieux de l'ensemble fait sourire, mais on doit reconnaître que quelques plans forcent le respect par leur puissance. La fin, notamment, est très réussie, avec ces aliens qui se dirigent lentement mais sûrement vers la Terre, comme dans un épisode de Twillight Zone. La musique très psyché elle aussi fait le reste, et fait oublier les grosses carences d'acteurs (les femmes sont engagées pour leur potentiel mammaire, les hommes pour leur propension à prendre un air tourmenté) et le côté cheap de la production (le vaisseau spatial a dû prendre le budget catering de Alien). Bref, un film relativement rare à redécouvrir, pour se taper sur les cuisses d'abord, mais aussi comme témoin d'une certaine frange du cinéma. C'est dit.

4962259_6_3b57_des-astronautes-qui-debarquent-sur-une_a00fcf1d6bfa7c17dcf5dfb036f4098a