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Si l'homme italien n'hésite pas à se la péter à l’occasion, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas toujours à la fête à l'écran... Marco Ferreri met en scène l'ami Ugo Tognazzi, un quadra vendeur de voitures et séducteur à la petite semaine - bref, un pur -, et la reine Marina Vlady - popopoh, elle envoie, la bougresse. Ugo Tognazzi n'a qu'une hâte, qu'arrive la soirée du mariage pour pouvoir posséder la belle - il parvient à garder ses nerfs alors que sa promise se balade chez elle en maillot de bain, ça mériterait presque une médaille. Notre Ugo est tout émoustillé, le mariage se passe mais on comprend rapidement... ben que le gars a bien du mal à assumer ses devoirs conjugaux. La Marina n'est pas du genre à prendre la chose à la légère et attaque notre homme, by night, directement sur son lieu de travail : la façon dont elle l'invite à caresser ses nouveaux bas devrait suffire pour que l'Ugo la dévore – et pas seulement des yeux... Ben même pas, malgré les piqûres d'hormones qu’il a décidé de s’infliger pour ne pas perdre la face, il est apparemment totalement dépassé par les appétits de la bombe Marina... Il est tellement à côté de la plaque, qu'il part sur un coup de tête avec d'anciens amis pour participer pendant une semaine à un séminaire religieux à pleureur. Mais voilà la Vlady qui débarque, qui lui fait une scène et notre homme, piqué au vif par cette reine insistante, finit (dans des petits fourrées bien symboliques ma foi) par passer à l'acte. Hourrah, l'essai est transformé, la reine est fécondée...

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Un deuxième calvaire attend toutefois notre homme : plus sa femme, enceinte, rayonne, plus il semble dépérir... Il aimerait malgré tout bien passer à nouveau à l'action (ah ces hommes, toujours à contretemps...) mais la reine, sevrée, la joue distante... Lorsqu'elle finit par donner sa bénédiction, il n'est pas sûr que ce soit forcément pour le bien de notre Tognazzi, occis... Si la Vlady irradie, qu'il est dur de voir ce pauvre Ugo (lui, si fier de lui-même) de plus en plus pathétique, impotent : la séquence à la fois la plus risible et la plus triste a lieu lors de cette fameuse soirée où la Marina improvise une petite visite surprise dans son bureau ; elle sent que cela ne peut que pimenter leur relation : dès qu'elle arrive et qu'elle questionne son homme sur la présence d'un canapé-lit dans son bureau (canapé qu'elle caresse d'une main experte et (s)explicite), on pense bien que le gars va lui sauter dessus... Ben non, l'homo sapiens fait mine de se détourner vers ses étagères pour engloutir un mini-sandwich qu'il avait dissimulé avant son arrivée... Ces trente secondes où il mâche en silence son petit pain font baisser de soixante-douze places les Italiens dans le classement mondial des nations romantiques. Ferreri prend un malin plaisir à montrer notre Ugo la queue et la mine basses alors même que la Marina contrôle la situation (domestique, professionnelle, sentimentale) de main de maître. Scènes de la vie conjugale dont les hommes ne ressortent guère grandis et qui permet à la Regina Vlady de rayonner... Les Italiens sont-ils sexistes ? Le Marco s'en rit et nous fait partager cette bien jolie petite leçon de vie. Amusant avec, en prime, une Vlady plus sexy que jamais.

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