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On n’est jamais déçu avec le travail de l'artisan Joseph. Il s'agit là d'une classique petite histoire policière avec "coup d'éclat" final. Soit donc un jeune peintre qui visite sa douce : il se trimballe dans toutes les pièces de ce boudoir cosy, écoute à fond du jazz en attendant qu'elle débarque et, surprise, voit se pointer des policiers. Même si ces derniers font durer le suspense, on s'attend au premier coup de théâtre : la douce git assassinée sur un divan... Notre jeune peintre a les deux bras qui lui en tombent et se voit en prime longuement interrogé par les fins limiers anglais. Le huis-clos étouffant fait place à une série de flashs-back moins anxiogènes puisqu'ils mettent en scène la rencontre de notre jeune homme avec les grands yeux de Micheline Presle. Lui, petit peintre sans le sou, passionné par son travail, elle, femme racée jouant à l’apprentie artiste et à l'amante qui sait se faire désirer... Plus notre ami livre les clés de leur histoire, plus le piège se referme sur lui : joue-t-il au petit malin ou s'est-il bêtement laissé prendre dans un coup malicieusement monté ?

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On apprécie les petites passes d'arme entre cet artiste en devenir et cette femme du monde, deux personnes qui n'ont a priori rien en commun si ce n'est le même désir charnel. Micheline Presle, une fois que son amant s'est noyé dans ses yeux, n'hésite jamais à laisser tomber les bretelles de ses sous-vêtements pour jouer au modèle. S'il semble pouvoir la dominer par ses connaissances picturales, c'est elle à n'en point douter qui mène la danse et qui décide du programme de leur rencontre : elle apparaît toujours quand notre homme n'y croit plus jusqu'à cette ultime apparition des plus surprenantes... le corps inanimé.

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Losey nous amuse avec ce décor de studio surchargé, ce boudoir raffiné dont les murs semblent progressivement se refermer sur notre bien naïf jeune homme ; il est aussi forcément question de miroirs qui encadrent notre peintre, ce dernier, à mesure que l'enquête progresse, perdant de plus en plus le sens des réalités, se faisant piéger par les faux-semblants... Tout l'accuse et des ordres sont donnés pour classer rapidement l'affaire : comme ce meurtre risquerait d'éclabousser des personnes "hauts placées", il est le coupable idéal. La seule chose qui peut encore sauver est peut-être à trouver chez l'homme qui conduit l'enquête : issu lui-même d'une classe sociale populaire, il ne semble pas vraiment pressé de trouver chez cet homme de condition modeste le parfait bouc-émissaire... Mais d'où pourrait bien venir le fameux coup de théâtre ? C'est malin sans être inutilement alambiqué et l'on suit cette petite enquête rondement menée sans jamais d’ennui. Un joli petit suspense du gars Losey qui se double d'une sympathique pointe de morale sociale : la condition (modeste) ne fait pas le meurtrier.

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