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Nous voilà donc dans la veine "sociale" de Bolognini et le moins qu'on puisse dire c'est que ce n'est pas vraiment le domaine où il excelle. Son film s'inscrit dans cette mouvance seventies qui met aux prises la police avec une certaine jeunesse communiste. Deux mondes, hein. Suite à une manif qui dégénère, un flic tue d'une balle un étudiant puis un autre étudiant déglingue un flic avec un poing américain. Le juge (l'incontournable Martin Balsam qui porte sur son visage le poids des ans et de la sagesse molle) se doit d'enquêter pour trouver les coupables. Les flics font tout pour camoufler le drame (le leur) et accusent un étudiant du délit alors qu'il venait tout juste de quitter la scène (les rustres). Du basique. Bolognini ajoute une couche de lourdeur dans la symbolique en faisant de l'étudiant qui a vraiment tué le flic, le propre fils du juge... Oh oh oh. Le conflit social va se doubler d'un conflit générationnel aussi finaud que la musique d'un Morricone en terrain connu avec ces rythmes en tatatatatatata...

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Chronique d'un homicide n'est pas l'oeuvre la plus connue de Bolognini et pour cause : on a l'impression d'avoir vu au moins trente fois ce genre de bazar sans qu'il y ait ici beaucoup plus de surprises et de prise de risques. Les confrontations entre le jeune fils farouche qui accuse son père d'être aux mains du pouvoir (Bourgeois !) et ce dernier qui tente de faire la morale à sa progéniture (Fils de bourgois !) sont aussi passionnants qu'un débat des dossiers de l'écran une fois qu'on a éteint la télé : c'est prévisible et attendu comme deux et deux font quatre et seule l'issue pourrait avoir un brin d'originalité... Cela manque pas, Bolognini botte en touche tendance "essayons de noyer le poisson" (le juge fait tout pour mettre fin à l'enquête, facile) plutôt que pousser dans ses derniers retranchements et dans sa logique l'un ou l'autre des deux individus : le père comme le fils ne se remettent jamais vraiment en cause au sein de ce contexte tendu et l'on en revient au point zéro, pour ne pas dire au point mort. Un film à forte connotation politico-sociale doublé d'un affrontement entre générations qui fait pschiiiit. On s'en lave les mains à l'image de cette scène où douze femmes de ménage lavent le sol du palais de justice (tu le vois mon gros gros symbole, don't you ?)

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