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Encore une très bonne surprise que ce western signé de Toth sur un scénar de Charles Marquis Warren et Frank Davis qui ferait passer The Departed pour une vulgaire petite copie en milieu urbain. Gary Cooper est notre éternel héros et pourtant, par deux fois, il se retrouve condamné à la pendaison par les siens (les Nordistes)... Gary Cooper déchu, vaincu, abattu mais Gary Cooper jouant délibérément les victimes... Si vous n'avez pas encore compris, je vais tenter d'être plus clair : les Nordistes soupçonnent d'avoir un agent Sudiste dans leur rang et vont développer de façon bougrement subtile la notion de contre-espionnage. De Toth, qui n'est pas tombé de la dernière pluie, nous offre en prime un petit jeu avec des miroirs (non, pas de masques en latex, hein, c'est un western) et un ultime face-à-face à la symétrie parfaite. Un western conceptuel, craindriez-vous ? Alors là, vous n'y êtes pas du tout : l'action ne s'arrête jamais et la tension, boostée par les multiples renversements de situations, ne cessent de monter. En un mot, on passe un excellent moment.

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On a rarement vu Cooper faire autant mauvaise mine : notre héros a à peine fait son apparition à l'écran qu'il se retrouve accusé de lâcheté et de trahison (tout cela pour avoir voulu sauver la vie de ses propres hommes) ; ultime affront on lui peint le dos en jaune (!!! Chez les Indiens, on a l'habitude mais là... cette coutume ricaine nous échappe en effet un brin). Mal rasé, on retrouve notre héros qui erre autour des corrals et qui file un mauvais coton. Il reçoit heureusement la visite de sa femme (la classieuse Phillis Thaxter) et l'on pense bêtement que l'on va dériver vers un western sentimental un peu pépère. Grosse erreur mes amis car à partir de là, on ne reprendra quasiment plus jamais son souffle : cavalcades à cheval, accidents de carriole impressionnants, pétarades de coups de feu, incendie, le film file à cent mille à l'heure avec un Gary sur tous les fronts... Notre homme assure grave et quand on pense qu'il va enfin pouvoir sortir la tête de l'eau, sa femme, maladroitement (mais elles ne peuvent pas se taire... non, mais) le fait replonger. Un Gary apparemment maudit mais un Gary tout en rage et en pugnacité qui veut aller jusqu'au bout de sa logique. Un western de de Toth une nouvelle fois malin dans le fond et époustouflant dans la forme (et aux couleurs éclatantes, ce qui ne gâte rien)... Dura Lex sed Lex.

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