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Le film date de 1967 et semble déjà affreusement daté... Du scénar (le destin croisé de trois femmes dans le "show business", leurs hommes, leurs pillules (dolls en anglais, ce qui semble avoir échappé au traducteur du titre en français), leurs problèmes...) aux jeux des actrices (Patty Duke dans un "rôle" à Oscar (une pétillante chanteuse abusant de l'alcool et des fameuses pillules - inspired by Judy Garland) est aussi crédible que moi en pom-pom girl cubaine), de la musique sirupeuse signée John Williams (nominé aux Oscars justement) à ces pubs vintages multicolores (Barbara Parkins faisant voler ses cheveux aux vents : l'horreur), de ces rôles de mâles paternalistes à la voix grave à ce personnage tire-larme atteint d'une maladie qui le paralyse progressivement (il devient un légume mais sa compagne, la plantureuse Sharon Tate dans un rôle de potiche assumée, se refuse à le planter - mouais), tout est ennuyeux et semble renvoyer à un cinéma américain mathusalemien.

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Chacune de ses femmes ont leur petit talent personnel (Duke sa voix, Parkins sa beauté et sa classe, Tate son corps) mais la vie est vacharde et semble incapable de leur procurer du bonheur à long terme : Duke a un caractère de chien à cause de ses excès pillulaires (allez hop au sanatorium), Parkins n'arrive pas à garder l'homme qu'elle aime (tu vois, vaut mieux qu'on sépare en se disant peut-être, un jour, qui sait ?... Oh ma grand-mère), Tate a un mari légumisé, une mère dépensière et cherry on the cake, une tumeur maligne... heureusement qu'elle n'a pas en plus une tendance suicidaire... Ah ben si, mince... Bref, pas de quoi sauter au plafond et les petites ritournelles entonnées ici ou là ne font pas grand-chose pour nous donner la banane. La mise en scène (ça y est je suis parti) est lourdaude, les décors sont laids, les audaces sont pauvres... Quand Sharon Tate se dénude (enfin) pour jouer dans un "film d'art français" (un film de cul, donc), le réalisateur prend bien soin de lui laisser son soutif et de ne point montrer son fessier - genre film érotique interdit au moins de huit ans. L'ensemble dure deux heures et semble en faire huit. J'aurais sans doute été moins frustré si je m'étais refait le Beyond the Valley of the Dolls de Russ Meyer ou toute oeuvre riche en formes de ce saint homme. Oublions en tout cas rapidement ce Robson...

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