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Un western mettant en scène une confrontation entre Bogart (abonné alors aux rôles de méchant avec son petit rictus carnassier) et Cagney (la boule de nerfs au petit sourire suffisant et hautain), forcément je prends. Même si Bacon met un certain temps à faire frire son action, les images signées de l'excellent James Wong Howe et le final relativement enlevé valent également le détour. L'histoire, elle, n'est pas fantastiquement originale : Bogart détourne le fric réservé aux Indiens (on leur achète leur terre pour laisser la place aux farouches cow-boys : que de bonté et de générosité chez nos amis Ricains) avant de se faire piquer la thune par le gars Cagney, l'Oklahoma Kid du titre. Une fois la ville de Tusla construite (en une poignée de jours), on retrouve notre gars Humphrey à la tête d'un casino. Dans cette petite ville où il fout le boxon, tout l'oppose aux Kincaid garants de l'ordre et de la loi. Manipulateur à souhait, le Bogart pense bien pouvoir évincer la famille en accusant le père Kincaid de meurtre. C'est là qu'intervient Cagney (le retour) qui n'est autre que Jim Kincaid, le trublion hors-la-loi de la famille. Il a l'occasion de se racheter en mettant Bogart hors de nuire.

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Avouons que la première heure ne nous réserve que peu de surprise si ce n'est ce plan large sur ces cow-boys dans leur charrette endiablée prenant possession de leur terre. Le directeur de la photo se montre particulièrement habile à filmer ses charrettes filant à toute allure : il le prouvera d'ailleurs une nouvelle fois un peu plus tard dans le film avec cette caméra embarquée sur le toit d'une diligence. Une première partie en effet un peu terne avec un Cagney qui semble volontairement déserter le film – on le retrouve après un long tunnel  en train de couler quelques jours paisibles avec une Mexicaine : on se demanderait presque si on ne l'avait pas oublié dans le scénario. Heureusement le final se révèle un peu plus palpitant : on assistera dans l'ordre à une course-poursuite rondement menée (Cagney détruit son cheval en se faufilant partout dans les petits chemins de montagne), à un lynchage public particulièrement virulent (même si l'essentiel se déroule hors-champ, ce qu'on en devine fait froid dans le dos), aux exploits d'un Cagney en vengeur pugnace (les responsables du lynchage tomberont comme des mouches) puis à la baston finale entre Cagney et Bogart (qui a, disons-le clairement, peu de chance de s'en sortir vu la façon dont il balance ses chaises ou ses bouteilles sur le Cagney... Il a besoin de lunettes, le Humphrey, ou de cours de cascade)... On frémit donc enfin un tantinet lorsque l'action s'accélère dans la dernière ligne droite. On pourrait aussi évoquer les amourettes entre Rosemary Lane (pas vraiment ce qu'on appellerait une femme fatale...) et les deux frères Kincaid mais elles n'ont que bien peu de piment. Un western au final avec sûrement un peu trop de gras mais qui permet de découvrir pour la petite histoire Cagney et Bogart dans leur tout premier western... On ne cachera pas qu'ils brilleront plus dans le film noir.

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