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Etonnant de retrouver au casting Ben Stiller (as Fred MacMurray) et Marion Cotillard (as Sylvia Sydney) dans ce western tragico-amer de 1936. La première chose qui émerveille, au-delà de la présence anachronique de nos deux stars, c'est forcément la beauté du technicolor qui rend grâce aussi bien aux couleurs chatoyantes de la forêt qu'aux yeux mauves de la Sylvia. L'histoire, elle, est vieille comme le monde puisqu'il s'agit de mettre en scène deux familles de montagnards (les Tolliver et les Falin, on se croirait chez Maupassant !) qui sont voisins et se haïssent depuis l'âge de pierre. Oh, l'histoire d'amour à la Roméo et Juliette, vous la voyez venir ? Eh bien vous ne l'aurez pas : Henry Fonda (as Henry Fonda), qui a rejoint très tôt le clan des Tolliver craque (on ferait pareil) pour la naïve et sauvageonne Sylvia. Seulement voilà, la venue d'un étranger (Le Fred) qui vient en terre tolliverienne amener le chemin de fer va changer la donne : la chtite Sylvia s'accroche à ses pas et aimerait tant se suspendre à son cou - le Fred semble un brin sceptique (allez, va jouer petite) mais un seul baiser pourrait bien de le faire succomber... La romance originale programmée (le mariage de Fonda et Sylvia) risque donc d'être contrariée (Henry Fonda dit « la bonne pâte de service » avec sa tête de loser) sur fond de conflit Tolliver-Fallin qui bat son plein : on assiste d'abord à de la baston en règle entre les deux familles puis à des coups de plus en plus bas  - un bâton de dynamite pour faire sauter un gosse, vous avouerez que c'est limite...

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Il y a la candeur de la Sylvia, la fraîcheur de cet air alpin, tout sent ça bon le pin et les fines herbes mais voilà, la bêtise humaine (jalousie et vengeance, les deux mamelles du mâle - j'ai un doute sur la métaphore...) va rapidement plomber l'atmosphère. Le Fonda, blessé dans sa chair de voir sa Sylvia tourner son regard mauve sur cet étranger, va déclencher une bagarre générale en bon bourrin qu'il est. Si Fred incarne les temps modernes, l'avenir, l'éducation, il faut bien reconnaître que les Tolliver et les Falin incarnent parfaitement les bons bouseux : gentillets mais la tête prêt du bonnet (d'âne). La Sylvia, comprend vite qu'il faut emboiter le pas de ce jeune ingénieur aux si beaux discours, comme si la gente féminine (la tante de Sylvia est également une ardente pacifiste) était la seule à pouvoir réfléchir, progresser. Les hommes, eux, cons comme des balais sans manche, passent leur temps à monter des traquenards pour pourrir la vie de leurs ennemis intimes : les victimes s'amoncellent et l'on ne sait trop si l'on se dirige vers un pugilat ou vers un éventuel retour à la raison. (Attention ça sent le spoiler pour la bonne cause) Fonda, touché sur les deux flancs (amoureux et familial) a tout de la victime expiatoire, du bon bougre sacrifié (Fonda is Jésus Christ - c'est poussé le bouchon un peu loin, je le reconnais volontiers). S'il met le feu aux poudres, il est aussi celui qui est le premier à vouloir l'éteindre, à faire don de sa vie pour laisser la voie libre à la fois à l'amour mais aussi à la réconciliation. La dernière partie réussit progressivement à faire monter l'émotion (le regard tout humide de Sylvia ferait pleurer une pierre) entre incidents tragiques et amitié virile... Joli film d'Hathaway à l'ombre des pins. 

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