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Un western des origines, on peut le dire, puisque ce film est à peu de choses près contemporain des faits qu'il raconte : une attaque de Sioux hurlants qui a dû faire dresser les poils sur les bras des spectateurs de l'époque. Griffith ne s'épargne pas pour arriver à ce résultat, fait péter les biffetons et se permet les choses les plus folles du moment : Lionel Barrymore au casting, du cheval à foison, une équipe de figurants caracolant avec une belle énergie, des fumigènes en veux-tu en voilà, et surtout des cadres sidérants pour l'époque : que des plans fixes, hein, bien sûr, mais une invention constante dans l'axe choisi. Ca va du simple plan hérité du théâtre, qui prend tout le décor de la petite cabane qui sert de décor principal, à des plans généraux magnifiques sur ladite cabane encerclée par les Indiens, toute petite chose au milieu des flots prise depuis une colline avoisinante. Et puis il y a tous ces plans de poursuite à cheval, dynamiques, énergiques, où on sent que les acteurs s'amusent comme des fous à chauffer leurs chevaux et à danser sur les cadavres.

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Tout avait bien commencé pourtant, puisque les premières scènes nous montrent une smala au grand complet, en train de jouer à l'armée sous la direction du paternel, vétéran de la guerre et qui te mène tout ça à la baguette. On se dit que ça ne va pas aller bien loin et rester dans le cadre de la comédie gentillette. L'aîné s'engueule pourtant avec le père et claque la porte pour aller retrouver sa bien-aimée (Mae Marsh). mais il tombe sur une attaque d'Indiens, et pendant qu'il tente d'intervenir en luttant vaillamment tout en prévenant la cavalerie, on revient dans notre maison familiale pour découvrir que les leçons du père, loin d'être un simple jeu, portent leurs fruits : le siège de la cabane se fera sous les coups de fusils de la famille au grand complet, et j'aime mieux vous dire que ça pète dans tous les sens même en muet. Bien sûr, ça se terminera par le retour du fils prodigue qui a réussi à sauver tout le monde et qui tombe dans les bras du paternel pleurant. Ça a dû être sidérant en 1911, ça l'est un poil moins aujourd'hui, mais c'est franchement charmant, et on se rend bien compte de l'ambition énorme de Griffith même avec ce sujet léger. Epique et amusant.

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