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Bien que son film n'ait pas fait beaucoup de bruit à sa sortie, on s'est penché sur cette petite chose car on aime bien Nicolas Saada. Voilà, on aime bien Nicolas Saada. Faut-il vraiment parler du film ? Oh attention, rien de honteux, le filmage est toujours aussi classieux, les acteurs, Louis-Do de Lencquesaing en tête, assez émouvants mais franchement, on a bien du mal à voir ce que Saada a bien voulu chercher à faire en mettant en scène les attentats de Bombay de novembre 2008... Ou plutôt si, on ne comprend que trop : plutôt que de chercher à faire un film sur les protagonistes sanguinaires de cet attentat, il a voulu simplement se pencher sur l'intimité, la peur, d'une jeune fille abandonnée malencontreusement par ses parents le temps d'une soirée dans sa chambre d'hôtel. Les premières rafales des armes qui résonnent dans le bâtiment, les types armés qui frappent à sa porte, les explosions, l'incendie qui gagne l'hôtel, on a droit à la totale avec notre pauvre chtite qui se retrouve de plus en plus prostrée dans sa salle de bain, se raccrochant au fil de la vie par le biais de son téléphone et de ses conversations avec son père. Bon, c'est simple comme idée, un peu attendu, chargé d'une certaine dose d'émotion, bien... Ce qu'on a plus de mal à comprendre c'est pourquoi Saada a autant chiadé la reconstitution, les effets spéciaux, à autant chercher à être proche de la réalité (en nous servant même sur la fin des images de l'attentat tel qu'il a été montré à la télévision)... pour une simple histoire de ressenti personnel... Soit il nous servait un doc en bonne et due forme avec toutes les infos qu'il avait réussi à réunir sur le dossier, soit il cherchait à retranscrire un drame intimiste - et à ce moment-là, à quoi bon vouloir être aussi porche de la réalité des décors, de la situation, vu que cela peut malheureusement être vécu de la même façon sous toutes les latitudes ? On reste coincé avec cette pauvre jeune fille pendant une heure à côté des toilettes (c'est, avouons-le, pas super cinégénique en soi : certes, il y a les coups de feu, la tension qui monte (vont-ils rentrer, pas rentrer) mais on ne peut pas dire que l'on ne connaisse pas déjà par cœur ce genre d'atmosphère) et quand ô miracle, elle est sauvée, il faut bien reconnaître qu'on voyait venir la chose de très très loin - et puis des larmes, mais c'est la fumée ou la fatigue - le long épilogue qui suit est quant à lui affreusement inutile : elle est un peu trauma, normal, j'ai envie de dire... Du coup, malgré la facture très soignée, on reste franchement comme deux ronds de flan devant ce scénario si linéaire et attendu... et l'énorme effort consenti pour la reconstitution alors que ce n'est pas vraiment la priorité du film. Bref, on aime toujours beaucoup Nicolas Saada, mais on a eu bien du mahal à trouver son dernier opus ultra passionnant...

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