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Les mésaventures de la vioque Dora Bryan as Helen, pot-à-tabac friponne et vulgaire, et de sa fille toute aussi laide qui s'habille comme un sac : Rita Tushingham as Jo. Aucun doute, on n'est pas à Hollywood mais bien dans un bon film anglais comme on les aime : rude, revêche, social. Gols a déjà fermé un œil. Mais on se fait caustique pour le plaisir : il y a toujours quelque chose à garder dans un film anglais, ne serait-ce que le jeu des acteurs - ça tombe bien, le film fut double prix d’interprétation à Cannes. Au-delà de ça, il s'agit donc de suivre les relations tendues entre une mère et une fille : toutes les deux sont à la poursuite de l'amour, toutes les deux auront tôt fait de ne plus se faire trop d’illusions. Le père de Jo s'est barré avant sa naissance et, since, sa mère l'élève un peu en "dilettante" ; elle attend de trouver un barbot pour larguer cette jeune fille si peu avenante comme une vieille chaussette. Vieille saloperie de mère égoïste. La fille, elle, de son côté croise sur sa route un marin à quai : il est black - dans les sixties, la tolérance n'est pas encore au top de sa forme -, fricotte avec la petite et repart en mer... La chtite, larguée en cours de route par sa mère qui s’est remariée, trouve un taff dans un magasin de chaussures, un appart et se retrouve rapidement, en prime, avec un pantin dans le tiroir. Elle a la chance, dans son malheur, de rencontrer un jeune type un brin efféminé (Murray Melvin as Geoffrey) qui décide d'être au petit soin par elle. La fin ne sera pas forcément plus gaie.

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Oui, je vous vois prendre votre tête à deux mains comme si les Anglais ne savaient que filmer des histoires au ras des briques. Bon, c'est loin d'être la déconne à tous les étages mais l'énergie de la chtite et la gouaille de la mère apportent indéniablement un peu de rythme et de piquant à l’affaire. Ah ben sinon, Manchester, c'est pas non plus la fête du slip au niveau de l'architecture : il y a les quartiers désaffectés gris et ceux carrément noirs. Mais justement, l'une comme l'autre femme tente de sortir leur petite tête d'épingle de ce marasme. La mère, qui trimballe son canari à chacune de ses déménagements, n'a rien de vraiment touchant en soi, certes, mais l'on sent, tout de même, soyons un peu humain, qu'elle n'a pas volé de temps en temps un peu de repos. La chtite, on peut la comprendre, se sent abandonnée et peine à trouver ses repères. Dès la première tentative de flirt, bingo : on a l'impression que c'est une véritable malédiction de famille... L'optimisme semble de moins en moins de mise dans ce monde d'hommes veules si cruel pour les femmes. Mais, mais, l'ami Geoffrey va tenter, avec les moyens du bord, de positiver et de redonner un peu de joie à la chtite Jo : si ses grands yeux innocents le sont de moins en moins, le gars Geoffrey réussit à lui insuffler un peu de fighting spirit dans cette ville si plombante. Au moins, il essaie. Si le final, certes, n'est pas vraiment du genre à nous rassurer, avouons que Tony Richardson, sur un sujet peu aimable et avec des personnages peu glamours, sera parvenu à donner corps sans misérabilisme ni condescendance à "ces petites gens du Manchester d'en bas". Une oeuvre un tantinet tristoune mais qui ne manque pas de foi, portée par des personnages au caractère bien trempé - et puis toujours cette interprétation "totalement incarnée". Un film à l'anglaise, so. Pour le miel, on repassera.

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