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On fait avec l'ami Gols un concours de Boetticher (mouillé) : il prend les westerns, moi les noirs. Pour l'instant il mène aisément aux points. The Killer is loose, produit par United Artist, est un bon ptit film noir comme on les aime : une image signé Ballard qui tire vers le gris cendré, un détective avec du charisme (la masse Cotten), une femme avec des obus (Rhonda Fleming qui mettrait la honte à toute femme adepte du Wonderbra), un tueur au passé lourd : la guerre, les moqueries (surnommé "Foggy" par ses pairs à l'armée, il est myope comme une taupe et maladroit comme un panda), une femme qui le couvait... et qu'il va bêtement perdre ; simple guichetier de banque, il est rapidement soupçonné d'être complice d'un hold-up qui a eu lieu sous ses yeux. Alors qu'on cherche à l'appréhender directement chez lui, il résiste et sa femme est tuée dans la fusillade. Il doit purger dix ans de prison mais il a qu'une idée en tête : se venger, en tuant la femme du policier (la Rhonda du Cotten).

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C'est franchement mené sur un petit rythme à la coule, le Foggy, derrière son petit air goguenard et ses grosses lunettes, réussissant tout de même à faire des siennes : et poum ! un flic qui tombe à coup de bêche et pam ! un agriculteur assassiné à coup de serpe (hors-champ, forcément) et notre homme, attendu de pied ferme dans le cottage de Cotten, de parvenir constamment à glisser entre les mains de la police (particulièrement manche et inutile tout du long, il faut le souligner). Il a le même art du déguisement que Patrick Sébastien (il n'en a donc point) mais s'approche dangereusement de son but déguisée en femme (!?)... Trois séquences valent tout de même à elles-seules le détour : Foggy tout d’abord trouve refuge chez l'un de ses anciens compagnons d'armée ; ce dernier, une bouteille de lait à la main, tente d'amadouer Foggy qui le pointe de son gun. La séquence est assez surréaliste entre cet homme, sûr de lui, qui boit du petit lait et cet étrange tueur tout penaud qui tient son pistolet tout de traviole. Après, il faut se méfier de l'eau qui dort, certaines personnes étant ma foi bien susceptibles. L'autre scène qui vaut son pesant de soutien-gorge est celui où la rotonde Rhonda, l'artillerie en avant, se rebelle contre ce cotonneux de Cotten (on devrait boire ses paroles, on est comme hypnotisé par l’élasticité de son pull - du trois D avant la lettre (cliquez dessus, sur la photo of course, pour avoir un meilleur rendu)) . Soit il reste avec elle, soit elle le quitte... On sent venir le coup de loin : 1) il va se barrer pour aller au front 2) elle va quitter l'endroit où elle était en sureté. LE truc qui fallait pas. Enfin, même si le final est affreusement téléphoné et là encore assez unbelievable pour ne pas dire improbable, on assiste à une ultime "marche-poursuite" entre le tueur et la blonde Rhonda aussi tendue qu'une corde à linge. Du coup, malgré quelques scènes un peu attendues, on sort de cette petite chose noire tout revigoré. Budd, avec son prénom de bière, c'est décidément notre pote.  

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