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Les Ardennes est un film belge qui n’est pas des frères Dardenne. Voilà, cette petite boutade lancée, que dire de ce film noir de fratrie (notion très actuelle au niveau des actes terroristes) à la sauce flamande ? Sans être méchant, avouons que les clichés ont la vie dure. Soit donc deux frères, habitués semble-t-il à faire des conneries ensemble. L’un, le grand frère, le vraiment pas gentil de l’histoire (il a même une balafre, histoire de bien marquer le personnage), se fait chopper et se prend sept ans de taule – il en fera quatre. Entre temps, le petit frère, le plus tendre, a la bonne idée de sortir avec la copine de son bourrin d’aîné. Il bosse maintenant dans une station de lavage (symbole…), et la pineco a arrêté la drogue : bref, ils sont cleans tous les deux, la métaphore est claire. Quand l’aîné est libéré, on devine que ça va chier des bulots, d’autant que les quatre ans d’enfermement (avec le sentiment qu’il a payé pour les deux autres, ceux-ci l’accompagnant durant son dernier coup) n’ont pas l’air de l’avoir assagi. Les deux autres, d’ailleurs, le comprennent vite et tardent à lui avouer leur liaison. On sent que l’ombre menace.

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Pront n’est pas forcément un mauvais bougre au niveau des ambiances (ambiance familiale pas olé olé,  milieu professionnel guère reluisant, boîte de nuit un rien glauque), notamment lorsqu’il nous transporte dans la seconde partie du film dans cette forêt des Ardennes avec ces grands arbres, bouh, qui font peur… Après, au niveau du scénar et des personnages, on ne peut pas dire que notre ami se soit beaucoup foulé : personnages monolithiques, bas du front et rebondissements que l’on voit venir gros comme une mansarde. Forcément, l’aîné va enchaîner connerie sur connerie, violence sur violence (du high kick pour prouver que Van Damme est un plus grand champion que Merckx (bienvenue chez les Belges) – l’autre, un type croisé en boîte, est forcément bien en peine pour répliquer d’un coup de pédale) – jusqu’au meurtre sur un coup de sang. Il entraîne son frère dans la galère, jusqu’à la tragédie finale tant attendue… On sent que Pront, à vouloir se coltiner au genre, n’a pas vraiment pris beaucoup de recul et livre une œuvre, certes noire et sanguine, mais qui peine à sortir du lot. Cette tension constante entre les frères est plus prévisible que l’hiver en montagne et cette plongée dans la violence à base de psychologie de comptoir ne raconte finalement pas grand-chose des différents personnages. Un essai qui ne laissera aucune trace dans les mémoires. Une tentative de noir en forme de trou.   (Shang - 29/03/16)

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On a déjà vu la chose 17 fois rien que le mois dernier, je confirme, à croire que Pront n'a pas de cinéma près de chez lui et qu'il a loupé l'essentiel des sorties depuis l'avénement du parlant. Tout est archi-vu là dedans, des personnages aux évènements, des ambiances au moindre petit épisode. Le gars n'a même pas l'excuse d'avoir du style, puisqu'il copie ses atmosphères et ses idées sur tout ce qui s'est fait en matière de film noir contemporain récemment. Que dire alors de la chose ? Eh ben rien...   (Gols - 27/04/16)