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Guerín se rohmérise un brin dans cette oeuvre en forme de discussion intellectuelle sur le désir et sur les femmes qui peuvent endosser le rôle de muse. Un professeur de philologie, malgré son âge avancé et son physique peu gracieux, se retrouve entouré de moult femmes : la sienne, vieillissante et également philologue, avec laquelle il n'en a jamais fini de discuter le bout de gras, et puis des étudiantes, des jeunes femmes d'une trentaine d'années environ avec lesquelles il part en voyage (la séquence en Sardaigne avec les bergers) ou en week-end (à Naples, "à la porte de l'enfer"...). Ces jeunes femmes-muses, relativement admiratives de l'érudition du sieur et de ses pensées poético-amoureuses, inspirent à notre homme des sonnets et de constantes réflexions sur leurs propres "sentiments".

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On est dans le film éminemment "intellectuel" qui fait la part belle aux mots, un peu moins à l'image (le passage en Sardaigne est une véritable petite bouffée d'air(s) - les bergers chantant). On peut apprécier ces belles envolées sur le monde des sentiments et sur celui de l'inspiration, cette petite cour constante de la part de ces jeunes femmes qui se relaient auprès du ponte philologue, on peut aussi trouver que cela manque un peu de souffle, de "chair" : beaucoup de mots qui finissent par entraîner des maux (la jalousie entre l'une des jeunes femmes et "l'officielle") et l'impression que derrière ces grands discours se cachent finalement de petits intérêts et des défauts bassement humains. Un film aux allures de docu-fiction (l'art de Guerín de faire oublier sa caméra) joliment écrit et ambitieux quant à ses propos mais une oeuvre un peu trop verbeuse parfois pour vraiment faire vibrer notre corde sensible - on se félicite toutefois du retour de l'inclassable Guérín aux affaires.

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