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Valérie Mréjen, quand elle écrit des livres ou réalise des documentaires, est une artiste très attachante, conceptuelle et simple en même temps, au style très défini et à la personnalité affirmée. Quand elle se met ici en tête de passer à la fiction, elle réalise un des films les plus crispants et clicheteux de l'histoire du nombrilisme français, ce qui n'est pas peu dire. C'est bien simple, chaque élément de En Ville a déjà été arpenté mille fois avant : l'artiste qui tire la gueule (parce que tu peux pas savoir à quel point il a trente ans, tu vois ?), le décor triste comme février à Roubaix, la jeune fille trop concernée parce qu'elle met sa tête sur son épaule dénudée, les dialogues profonds ("Tu vois, toi, ta vie ? / -Mouais, je vois / - Ta vie dans ma vie ? / -Mouais, je sais pas, t'vois, c'est trop... / - Ouais, mais t'vois moi aussi...") annonés comme sous influence d'une gueule de bois, le scénario captivant (une jeune fille partagée entre un mec de son âge et un artiste qui tire la gueule plus vieux), les interminables plans en travelling depuis une voiture sur des quais dégueulasses... Arrêtons le massacre : le film dure 1h10, il semble durer 6 heures, et on ne voit rien à sauver là-dedans, ni les deux acteurs principaux (Lola Creton est le véritable malentendu du cinéma français actuel, Mehrar est perdu dans son imitation de Dutronc) ni les secondaires (une palanquée de guests tous issus du moule "mal rasé-trentenaire-trop dure la vie"). Peut-être juste, allez, la musique de Jean-Jacques Vannier qui fonctionne bien sur les décors. A part ça, un long cliché