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Voilà un petit film nippon comme on les aime, capable de dégager à la fois une certaine sérénité (une histoire simple, un amour naissant entre un homme et une femme, des paysages enneigés zen) et de faire ressentir toute la complexité de cette relation qui se murmure, se développe mais peine à s'épanouir : quand les conditions font que. On pourrait distinguer assez facilement trois parties à la chose : la rencontre et la complicité naissante (contée au travers d'un flash-back, le printemps du flirt), les retrouvailles et le temps des promesses (à défaut des cerises), puis, enfin, après un rendez-vous manqué, le temps des désillusions (ou pas... la porte n'est jamais totalement fermée : il est bon de laisser planer un soupçon de suspense happyendique). D'un côté un peintre (qui ne peint jamais) qui vient en dilettante passée quelques jours dans ces collines nippones ; de l'autre une jeune femme mutine qui sent bien, comme l'homme, que le déclic a eu lieu (certes il est... marié) et qui aimerait y croire tout en sachant que.

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On a l'impression que l'homme tombe très vite sous le charme de cette femme-enfant, femme-enfant qui se plaît en un sens, et pour son plus grand plaisir, à infantiliser notre homme (gentiment, tendrement) : cet amour a ainsi dès le départ quelque chose d'évident pour ne pas dire d'enfantin. Une première rencontre où l'on se plaît à se servir de bonnes vieilles rasades de saké (après cela, tout n'est-il pas déjà dit ? Pardon, c'est l'alcoolique qui parle), à faire des petites promenades au bord de la rivière, à prendre sur son dos sa belle, à se frôler, à esquisser des gestes beaucoup plus érotiques qu'ils n'y paraissent (elle dégage indéniablement un truc, cette petite, sans avoir besoin d'en faire beaucoup). Il y aura ensuite le bonheur de se revoir, les petits instants suspendus (beaux mais fragiles) sur un air de samisen, la nouvelle séparation qui fait mal (magnifique séquence avec ce train qui part sous la neige et notre pauvre héroïne, dépitée, qui lance des boules de neige contre la machine : à mettre dans notre anthologie des séparations sur quai), les lettres qu'on échange et qui sentent déjà la nostalgie, comme si le meilleur était passé, l'avenir impossible... Certes il y a les scories "habituelles" qui viennent entraver cette histoire (notre homme est donc mariée, notre jeune fille est fiancée à un jeune homme malade (pour ne pas dire mourant), elle dispose, en outre, d'un "protecteur" (j'ai oublié de préciser qu'elle était geisha... pour subvenir justement aux dépenses liées à la maladie)) mais bon, se dit-on, rien est impossible... Sauf que la tristesse, lors de leurs secondes retrouvailles, semble avoir pris le pas sur la relation, et notre jeune femme de noyer de plus en plus son chagrin dans l'alcool : tout cela était trop beau, elle ne veut plus se laisser conter fleurette...

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Dépression au-dessus d'un jardin enneigé. On aime cette approche par petites touches de Toyoda qui prend tout son temps pour sceller cette rencontre et pour en montrer les turpides obstacles. On aimerait que l'homme soit un peu plus velléitaire, que notre jeune fille soit un peu plus optimiste mais l'on sent bien que cette dernière, prisonnière de sa condition (geisha), de son milieu sociale, de sa province perdue, a peu de chance de voir ses désirs devenir réalité. Une fatalité mizoguchienne en quelque sorte. On apprécie surtout dans cette histoire au rythme aussi flottant que les flocons de neige (évoquons au passage le sublime noir et blanc, notamment lors des scènes en extérieur), ces petits instants où nos deux amants ne font de plans sur la comète, vivent pleinement au présent. Moments fugaces destinés à fondre comme neige au soleil. Allez, une petite chance tout de même de happy end ? Oui, cela reste ouvert...  

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