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Encore un bien joli film tchécoslovaque de l’ami Zeman (Les Aventures fantastiques, Le Baron de Crac), sa toute dernière œuvre datée de 1980 (l’équivalent en termes d’esthétisme et de moyen aux années 20 en Europe occidentale). Je fais le fanfaron, mais on est là dans la grande tradition du dessin-animé artisanal qui sent la colle à la bois et le crayon de couleurs : on est dans du fait main, en s’approchant un peu plus de l’écran on pourrait même voir les empreintes digitales des concepteurs. Un poil suranné ce genre de chose ? Que nenni, cela a tenu en haleine ma bambinette de bout en bout, tout émerveillée par ces trois petits nains qui se transforment à l’envi en papillons ou en oiseaux (trois nains, précisons-le, qui veillent sur notre jeune héros Jeannot : il y a l’esprit plein de sagesse (de bons conseils mais mou), l’esprit diabolique (toujours malicieusement tentateur) et l’esprit rigolo (qui ne sert quasiment à rien - un peu négligé en effet le truc à grelot). L’histoire est simple comme Dobrý den : un jeune homme part à l’aventure ; il s’acoquine avec un vieux malfrat avant de faire machine arrière. Il rencontre ensuite une créature merveilleuse (dans le sens « nymphe », hein, pas dans le sens « bonne cuisinière »…) dont il tombe amoureux. Un pacte avec le diable et quelques joutes chevaleresques plus loin, il parviendra à conquérir la douce Mariette qui a choisi de rejoindre le monde des humains.

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Pas de quoi casser trois pattes à une nichée de canards au niveau de l’histoire, en toute franchise, mais beaucoup de petites trouvailles scénaristiques rigolotes (le soldat dont le casque remplace la cloche cassé, le chevalier portant sur son dos son cheval pour le préserver avant la joute, cet autre chevalier plus couard qu’une belette qui tremble comme une feuille quand il est danger (et se prend une magnifique baffasse de sa fiancée)…) qui pimentent la chose et, bien sûr, un trait de crayon à l’ancienne qui a indéniablement gardé tout son charme. Ici les animaux ne parlent pas mais font leur taff (les abeilles piquent, les chiens grognent et les cygnes ne dansent pas) et la magie est douce (ce petit éros qui te transperce les cœurs à grand coup de flèches mais oui, bien sûr, un peu de romantisme, voyons). Notre héros a beau se perdre en chemin (il est tellement pratique d’avoir des ailes qu’il paraît presque normal de vendre son âme pour pouvoir « convoler » avec sa conquête), l’amour va le remettre dans le droit. C’est mignon tout plein sans être niais et joli comme une « boîte à dessins » à l’ancienne. De la vraie et bonne éducation visuelle, dit-il fier comme un bar-tabac tchèque.

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