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Il y avait de la matière dans cette adaptation du livre d'Albertine Sarrasin, il est dommage que Sy semble tout faire pour essayer d'éviter toute aspérité, toute réflexion de fond, tout questionnement. La vie de l'héroïne (Leïla Bekhti as Albertine) est relativement romanesque en soi (braquage, évasion de prison, histoire d'amour avec un délinquant (Reda Kated, toujours impeccable) et fricotage avec son ex-partenaire féminine, prostitution, tension en Algérie...) mais la cinéaste semble vouloir botter en touche à tous les niveaux : le fond historique ne sera jamais vraiment évoqué, le monde de la prostitution est évoquée de façon bien sympathique pour ne pas dire confortable, les méfaits de Kated restent très évasifs et les relations amoureuses sont résumées à quelques baisers à chaque retrouvaille... Du coup, on se demande qu'elle est vraiment la moelle épinière de cette "histoire vraie" dont Sy se contente de rappeler dans les grandes lignes son déroulement. Elle ne semble à aucun moment s'être posée la question de savoir sous quelle angle elle pourrait rendre vivante, passionnante son histoire, ne semble pas s’être résolue à choisir entre les différentes options qui s'offraient à elle, traitant de chaque épisode avec la même légèreté. Du coup aucun moment fort, aucun nerf de la guerre, on suit ce joli livre d'images en noir et blanc sans réel engagement, sans grande conviction (même cette peur omniprésente du contrôle policier que devait ressentir Albertine n'est que vaguement évoquée). Une œuvre beaucoup trop sage pour marquer en quoi que ce soit la mémoire du spectateur... L'Asragale demeure une petite chose à l'image de ce petit os du pied.

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