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En 1995, avec Heat, Michael Mann était à la pointe du film d'action. Vingt ans plus tard, on dirait que le bougre a fait du surplace. Certes, il n'est pas évident de rendre attrayant un film sur un hacker, puisque l'action, en tant que telle, est surtout "virtuelle". Mann, dans un premier temps, tente la reconstitution en 3D d'un méchant virus progressant d’un ordi à l’autre (une fois ça va, deux fois, c'est déjà lourd) ; puis il tente de nous montrer l'intérieur de ce fameux hacker (de loin, on devine qu'il vit confiné dans une lumière de chambre noire photographique (!) et fréquente peu le coiffeur (les bons vieux préjugés sur le thème depuis vingt ans au moins)). Enfin, voyant bien qu'il file un mauvais coton, le cinéaste revient au bon vieux thriller classique avec changement de lieu toutes les trente minutes (vous visiterez ainsi Los Angeles, Hong-Kong, un bout de Malaisie et Jakarta) et surtout, sa grande spécialité - subissant la malencontreuse influence de Richard Bohringer – se met à filmer les villes la nuit, parce que c'est plus beau (à Hong-Kong, côté loupiottes, on est servi).

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Mann n'a pas perdu la main de ce point de vue-là et on retrouve à plusieurs endroits ce qui a fait sa gloire : atmosphère planante by night avec musique d'ambiance méchamment rythmée et caméra glissant sur les lumières de la ville, action nerveuse où l'économie de moyen n'est pas de mise (deux fusillades urbaines, notamment, qui cravachent). Seulement voilà : 1) rien de nouveau sous le soleil mannien 2) le scénar est quand même, pour un truc soi-disant "high tech" un peu tout pourri : l'histoire d'un gars qui fait exploser une centrale nucléaire, qui décide de faire monter les actions du soja et désire s'acheter des actions d'étain… Ouah, j’ai envie de dire… Plus alambiqué pour ne pas dire ridicule, je ne vois pas. Les puristes pourront me dire, ouais le scénar n'est jamais qu'un prétexte... Certes. Seulement dans la rubrique "action", c'est court, dans la rubrique "love", c'est terne (la relation amoureuse entre l'ersatz de Patrick Swayze et la coquine chinoise de Lust and Caution est traitée par-dessus la jambe), dans la rubrique "amitié", c'est vite avorté... Reste des plans sur les villes la nuit - on y revient toujours - loin d'être désagréables, le seul problème étant qu'on a l'impression que Mann se parodie lui-même. Pas raté, juste un peu rance.

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