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J'avoue qu'avant la vision de ce doc, la carrière et le répertoire d'Amy Winehouse m'étaient aussi familiers que ceux de Serge Lama. L'intérêt de ce doc, qui a bien du mal par ailleurs à ne pas se complaire à évoquer les frasques de la jeune star (mais bordel, lâchez-la deux minutes), est au moins de nous faire découvrir ses dons relativement rares à notre époque de pop-star à la noix (une voix, sans alcool, magnifique et un incroyable talent de "songwriter", comme dirait tout petit journaliste des Inrocks). Très jeune, trop jeune, l'Amy sut faire preuve d'une maturité rare : une voix jazzy qui fait froid dans le dos et des textes assez fulgurants. Bon après, on connaît la chanson : la thune, la surmédiatisation, l'alcool, la drogue, la chute, la mort... Plus la chtite (héroïne traquée) est victime du crépitement des flashs, plus elle semble vouloir s'en mettre plein les veines (héroïne infiltrée) (je vise le Pullitzer cette année). Pas grand-chose d'autres à dire si ce n'est que son entourage (du boyfriend intoxiqué au pater opportuniste) ne semble pas vraiment apte à lui faire redescendre les pieds sur terre (plus à s'en fourrer, l'un dans le nez, l'autre dans les poches, un max). Quand son boyfriend est incarcéré (pour la petite histoire) et alors même qu'elle est au faîte de sa gloire (couverte de prix), c'est le début de la chute finale : pour quelques semaines de rehab, des litres d'alcool et de drogue engloutis... Comme disait dans ces cas-là ma grand-mère philosophe : "qui cherche trouve"... Le doc parvient à nous montrer quelques vrais instants de grâce dans la carrière de la chtite et à nous faire de sa petite dimension "humaine" (loin des images sur papier glacé glaçantes); on parvient ainsi, au détour de deux trois intelligentes interviews, à entendre la petite voix de cette donzelle si douée mais point taillée pour arriver si haut si vite... Il y a une image qui semble à elle seule résumer son "destin" (Frédéric Mitterrand si tu m'entends...) : lors d'un concert prévu à Belgrade, elle monte sur scène devant des milliers de personnes et refuse de chanter ; on devine qu'elle est pleine jusqu'aux os mais elle garde un petit air effronté qui fait penser à la gamine (capricieuse) qu'elle fut (images montrées au début du doc, comme si, soit dit en passant, elle avait été filmée (c'est assez effrayant) tout au long de sa vie). Un retour à un âge innocent, candide, je-m'en-foutiste (j'ai un faible pour les gens qui se sabotent eux-mêmes...), juste avant de faire l'overdose de trop - une fin aussi con qu'un journal à scandales. Bref, deux heures dans la vie de l'Amy évoquée souvent sous ses meilleurs aspects (le côté artistique)... Pour le côté vie privée étalée longuement en pâture, j'ai déjà dit ce que j'en pensais (2 phrases sur son père et son couillon de copain + 12 secondes de flash de photographes quand elle sort de chez elle complétement déchirée suffisaient amplement à nous faire comprendre l'étendue des dégâts...). Aimable Amy se noyant bêtement dans l'excès dans un doc fouillé parfois malheureusement un peu fouille-merde.

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