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Il faut vraiment être ricain pour trouver une idée pareille : eh les gars, si on faisait un western avec des troglodytes cannibales ? Ah ouais, pas idiot, original. Bon, le pire c'est encore d'avoir la curiosité malsaine de vouloir mater la chose... On essaie bien de se trouver des excuses : comment a bien pu évoluer le western en 2015 ? Mouais ben pas super. Les héroïnes féminines sortent tout juste du coiffeur et n'ont pas plus de pudeur qu'un ver (ça désacralise le bon vieux temps prude…) et l'on se balade toute la sainte journée à cheval dans un costume blanc qui chaque matin ressort du pressing... De simples détails ? Peut-être pour vous, mais on a l'impression dès le départ qu'on se moque un peu du genre... Cela dit, la ballade en elle-même (quatre hommes dans le Far West partent sur les traces (ou disons en direction de caves) de troglodytes qui ont kidnappés trois individus) n'est pas totalement désagréable en soi : on a le droit à de belles lumières, nos quatre cavaliers ont fière allure surtout lorsqu'ils sont accompagnés par un joli travelling et les embuscades surprises auxquels nos héros ont droit apportent également un peu de sel à la chose... Seul problème, cela dure des plombes et on attend qu'une chose : la confrontation avec ces bâtards de troglodytes... Il faudra prendre notre mal en patience.

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Zahler, disons le tout de go, se fait un drôle d'idée du troglodyte : grosso modo pour lui ce sont des types qui se sont fait greffer un sifflet dans la gorge (avec le THX), qui marchent pieds-nus mais qui font autant de bruit que Robocop au trot (c'est parce que cela résonne dans une cave, non ? Continue de me prendre pour un con, tiens, tu es bien de ma main), qui ont la même vélocité qu'un raptor (le jour où ils sont nation olympique, l'athlétisme perd de son intérêt) et qui font, enfin, preuve d'une sauvagerie extrême. Ah, on y vient enfin : est-ce que c'est gore ? Oui, on peut le dire et ce n'est par Kurt Russel qui me contredira : en 1997 à New York, il était beaucoup plus peinard ; là il doit quand même subir deux trois atrocités qui laisseront des traces - et pas que psychologiques, soyons clair. En bref, cela s'agite un peu dans les vingt dernière minutes et l'on serre plus d'une fois des dents devant les actes ignobles des troglos (c'est définitivement mal d'enfoncer un pilon de T. Rex dans la bouche de son ennemi ou encore de le couper vulgairement en deux, dans sa longueur, sans même l'estourbir comme si l'on était dans de vulgaires abattoirs à Alès. Bref ça charcle et ça fait forcément un peu marrer, une telle démonstration de force (oui, c'est nerveux, chez moi, les films d'horreur me plient souvent alors que les films comiques me font horreur... voilà). Le troglo va tout de même bien douiller sa mère (et bat le record du monde de saut en arrière chaque fois qu’il se prend une balle dans le bide : le cinéaste invente en effet une nouvelle façon de mourir les quatre fers en l’air - grotesque) et devrait réfléchir à deux fois avant de revenir dans un western : un film du samedi soir avec des anchois et quelques bières. Pour le fun, quand même, de retrouver Kurt Russel en type usé qui n'a toujours pas froid aux yeux... Pour le reste, ouais, tomahawk, on était prévenus...   (Shang - 21/11/15)

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C'est vrai que, malgré tout le savoir-faire qui apparaît dans ce premier film, on a un peu de mal à voir où le gars veut en venir. On a même l'impression que la première heure, en gros, n'est là que pour l'exercice de style : arriver à rendre intéressant ce qui constitue en général les moments creux d'un western, la marche, les camps, l'attente... Cela dit, c'est tout de même audacieux : Zahler vient du roman, et en bon écrivain il s'intéresse plus aux personnages qu'aux évènements, c'est tout à sa gloire. C'est pourquoi son film est constitué à 70% de portraits de quatre cow-boys, très différents dans leur caractère mais contraints de voyager et de survivre ensemble. Leur quête s'apparente à celle de La Prisonnière du Désert, dont Bone Tomahawk pourrait être une version moderne : aller sauver une jeune femme captive des sauvages. Les sauvages en question sont traités de façon intéressante : des fantasmes d'Indiens qui semblent correspondre aux clichés des westerns des premiers temps, cannibales, hurlants et brutaux. C'est une bonne idée d'avoir transformé cette sorte de "légende urbaine" du sauvage en film gore, et de convoquer en même temps le western et le film d'horreur pour rendre compte de la violence de cette époque. Au niveau du ton, Zahler est juste. Et comme il ajoute à son film un petit côté littéraire bienvenu, on lui pardonne de nous faire un peu chier pendant la première heure. On s'amuse aux petits détails de jeu des quatre acteurs, tous très bons, on admire la composition, c'est bien. Bon, comme je le disais, on peine un peu à voir ce que tout ça signifie : les petits évènements qui jalonnent le voyage de la bande sont vraiment insignifiants, et les personnages pas assez épais pour nous rendre intéressant l'aspect psychologique de la chose. On patiente, en se disant que le pourquoi de cette longue attente sera justifié dans la dernière partie ; mais on tique un peu tout de même devant ces scènes répétitives, pas toujours très bien filmées, pas assez fortes pour vraiment convaincre.

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On sera de toute façon déçu aussi par la partie gore de la chose, la plus fun (comme le gars Shang, les films d'horreur me font rire, mais il me semble qu'ils servent à ça !) : ça déchire du figurant, ça se torture à qui mieux mieux, ça se scalpe et ça s'envoie du tomahawk en travers de la gueule, c'est marrant comme tout, assez répugnant et enfin un peu plus énergique. Sauf que, une fois que tout ça est résolu, que morts sont ceux qui devaient mourir, on se retrouve devant un objet mal équilibré et très bancal, qui s'apparente à du "tout ça pour ça". Ca se termine à toute vitesse par une fin qui n'en est pas une, et on ne comprend définitivement pas pourquoi Zahler a mis une heure à nous présenter des (ombres de) personnages pour en décimer quelues-uns, en faire survivre d'autres et c'est tout. Bone Tomahawk ressemble à une longue scène d'exposition pour un film à venir. On a envie de le voir, ce film à venir, parce qu'il est réalisé par un cinéaste bon techniquement et attentif à ses acteurs, mais on aurait bien aimé qu'il démarre un peu plus tôt.   (Gols - 02/04/16)

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