vlcsnap-2015-11-12-10h12m45s181

vlcsnap-2015-11-12-10h20m40s84

Une œuvre de Miner pas si mineure tant le scénar tient le route (du retour) et tant la photo noir et blanc est magnifiquement contrastée - sans parler des plans en contre-plongée avec des cieux immenses ou du jeu sur la profondeur de champ (on regrettera juste qu'il ne s'agisse point d'un format « scope »). Soit donc mon vieux William Conrad (tout en sueur et en regard perdu) à la recherche de mon gars Anthony Quinn (mastoc et sympathoc). Celui-là doit aller dans un village mexicain pour ramener à bon port, côté ricain, ce présumé tueur. On l'apprendra en cours de route (ils ont le temps de taper la discute entre deux trois attaques d'une poignée d'Apaches) le Conrad, au-delà du fait de représenter la loi, est en plein doute (il se définit lui-même comme un raté, ses relations avec sa femme n'étant entre autres guères glorieuses) alors que le Quinn, en fuite, est plutôt serein (une jeune bombasse aimante et dévouée à ses côtés, des potes toujours prêts à se sacrifier pour lui). Une vie de merde face à une vie pépère. Conrad pense enfin avoir l'occase de prouver qu'il peut réussir un truc dans sa vie : trouver le Quinn et le ramener entier pour qu'il soit jugé. Le Quinn la joue relativement coopératif en apparence tout en sautant sur chaque occase pour se faire la malle. Conrad, toujours sur ses gardes, perd des litres d'eau mais il semble bien décidé à aller jusqu'au coeur des ténèbres, pardon, jusqu'au bout de sa mission.

vlcsnap-2015-11-12-13h34m44s42

Rien qu'à voir le physique et la roublardise de Quinn face à ce petit gros moustachu, on se dit que la partie est relativement inégale et que le gars Anthony ne devrait pas avoir de mal pour filer entre les doigts du placide William. Mais ce dernier est affuté, un peu comme s'il jouait sa dernière carte (s'il échoue, il se considèrera définitivement comme une grosse tanche) : le pistolet toujours à portée de main, la gâchette nerveuse mais précise, il parvient à calmer les ardeurs d'un Quinn ; les deux hommes se tirent la bourre dans un bon esprit et finissent plus ou moins par se respecter : cela ouvre forcément la porte à des confidences. Ils doivent également faire front pour ne pas se faire flinguer par des Apaches finauds et trouver des solutions tortines pour se sortir des mauvais pas (pas facile notamment de devoir adopter en route une gamine dont la famille a été décimée par ces fourbes d'indiens). Notre petit ménage s'élargit et doit faire preuve de plus en plus de pugnacité et de solidarité à mesure que le but approche... Miner, sans avoir besoin de multiplier les rebondissements ou les coups d'éclats, parvient à nous tenir tendus comme un arc : faut reconnaître que le couple Conrad-Quinn fonctionne à merveille et leurs petites discutes suffisent à nous tenir éveiller, pour ne pas dire en Allen. Un western de série B très joliment soigné dans sa forme, son jeu et ses dialogues et il serait, foi d'un Shang spécialiste en western des forties et fifities, bien dommage de s'en priver. Une belle leçon d'hommes qui en ont, pour finir sur une note couillue.  

vlcsnap-2015-11-12-10h39m42s227

vlcsnap-2015-11-12-13h36m00s17

 

Go west here