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De quoi se réjouir pour tout fan de Mitchum : notre homme fatigué, rejeté, lessivé est encore une fois excellent dans ce western de bonne facture de l'ami Parrish. Mitchum est un exilé (il bosse pour un ponte au Mexique) qui décide de repasser la frontière avec les States : il se casse une jambe (on a des vies parallèles avec Robert, je me suis également fracassé la jambe droite) et prend alors le temps de respirer quelques semaines dans sa contrée d'origine ; durant l'escale, on lui fait comprendre qu'on est prêt à l'accueillir à nouveau dans son pays (fermons les yeux sur ce meurtre de jeunesse guidé par la vengeance) et même à l'employer comme ranger. Mitch cogite car le bougre est sous le charme de la femme (Julie London, du wild sex appeal sous ses airs de bourgeoise) du responsable de l'armée (Gary Merrill, une tête de cocu)... Il doit simplement ne plus faire de boulette : en gros, ne pas être aussi nerveux de la gâchette... Peine perdue, au premier esclandre (une brute frappe son pote), il bute un gars. Retour obligatoire au Mexique où il n'est guère en odeur de sainteté depuis le vol d'une cargaison d'armes dont il était responsable...

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Entre les responsables mexicains qui traficotent, les gringos ricains qui ergotent et les Apaches qui complotent, la situation est presque aussi confuse qu'en Syrie. Les Ricains veulent s'allier avec les Mexicains pour écraser les Indiens mais cela sent la mauvaise idée... Mitchum, tel un électron libre, va d'un camp à l'autre : il doit souvent subir les foudres des hauts-responsables ricains ou mexicains mais sait se faire aimer des "petites gens" ; traqué de toute part, il finira par trouver refuge dans un petit village paisible mexicain avant de passer à l'attaque contre des Apaches sanguinaires... Derrière l'image de pistolero impitoyable qu'il colporte, il y a surtout un homme avec un ptit coeur : il va littéralement fondre pour la séduisante Julie... Le crade Mitchum (il doit prendre un bain tous les dix ans) va finir par se retrouver dans les salons de la dame et notre héros, aussi sauvage qu'un chaton domestique, va se montrer prêt à rendre les armes pour la belle... Seulement elle est mariée et le devoir ne cesse d'appeler Mitchum : un amour impossible, un amour romantique dans la pure tradition littéraire ? Les rencontres entre Mitch et Julie créent en tout cas toujours des étincelles (la fête mexicaine est magnifiquement mise en scène et sert de toile de fond magique, lors de leurs retrouvailles de ce côté de la frontière) et apportent une minuscule couche de douceur et de sérénité dans ce monde plein de bruits et de fureur. Mitchum, les traits tirés (il n'avait que 42 ans, le bougre, il en fait presque dix de plus ici), incarne le parfait héros solitaire cueilli à froid par une donzelle... Notre homme de nulle part (comme il est dit par deux fois dans le film) est-il destiné à errer à jamais dans ces décors grandioses (et wonderful) ou pourra-t-il rejoindre un jour cette femme sortie de nulle part, tombée du ciel ? Un western couillu avec sa pointe de charme qui offre au Mitch un rôle en or. Bonne gâche.

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