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Berkeley réalise un film qui commence comme un Scorsese (un bon vieux combat de boxe), continue comme un Hitch (le faux coupable obligé de fuir), se poursuit comme un Ford bucolique (l'Arizona et ses cultures de dates) et s'achève comme un Curtiz (the beginning of a great friendship between our hero (John Garfield dit le teigneux) and a detective (Claude Rains himself...). Ajoutez un soupçon de romance (c'est Ann Sheridan, blonde comme une bière fraîche, qui s'y colle), une poignée de mauvais garçons (the famous "dead end" kids qui désertent Bogart pour accompagner John Garfield), une bien belle photo signée James Wong Howe et l'on peut dire que l'on a suffisamment d'ingrédients pour passer un bon petit moment. Garfield remporte un combat sur le ring et se trouve au sommet de sa gloire ; cela ne va pas durer : un peu d'alcool, une ptite pépète bébête, un enfoiré de manager, un journaliste fouille-merde et c'est le drame. Un homme meurt, Garfield n'y est pour rien mais cela, personne ne le sait... Notre boxeur décide de disparaître et de traverser les States avec quelques sous en poche : desséché, il arrive en Arizona et finit par prendre racine au milieu d’une plantation de dates... Il se fait éduc spé auprès d'une tribu de gamins virés de New York et lover auprès d’une blonde. Leur rêve, à tous (celui de tout le XXème siècle) : avoir une pompe à essence. Le problème ? La thune. La solution ? Garfield doit tenir 4 rounds face à un boxeur pro en tournée...avec le risque de se faire démasquer car comme le dit la chanson Here comes the Rains (c'était tentant) : il a en effet le détective à ses trousses. Mais il faut parfois prendre des risques pour faire plaisir aux siens (c'est aussi ma devise).

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Notons, avant de se quitter, la séquence originale dans un réservoir : la caméra frénétique de Berkeley (habitué jusque-là à filmer des danseuses) nous livre une première version de Jaws dans un bocal ; Garfield et les gamins se baignent dans un réservoir perdu au milieu de nulle part, le niveau d'eau baisse (on est en période d’irrigation) et nos gaziers de se retrouver piéger dans la cuve : ils battent des pieds comme des dingues pour rester en surface, tente de plonger pour ouvrir une valve, c’est thrilling - on a le souffle court, ne manque que des pirhanas arizoniens pour qu'on transpire. Garfield est héroïque, sauve les gamins et, jackpot, marque des points auprès de la blonde. Il aura donc une seconde occasion d'être royal en jouant les Rocky avant l'heure : tenir sur un ring pour une poignée de dollars contre une brute... tout en se refusant d'utiliser son gauche pour que Rains (Garfield ayant conscience que le détective newyorkais se trouve dans le public) ne reconnaisse point ce pseudo-meurtrier en fuite (je dois reconnaître que c'est une feinte un peu étrange... Ah mais je te reconnais, tu es Thierry B. du garage ? Pas du tout, connard, tu vois bien que je suis gaucher et non droitier... Mouais, peu crédible). Bref, Garfield se bat comme un âne têtu, se blesse, tombe plusieurs fois sur le tapis mais toujours se redresse... jusqu'à ce que… here comes the rains, again et qu'il se retrouve au carrefour de sa vie : la vie est un combat, il faut parfois savoir jeter l’éponge... Une fin sur un quai de gare est toujours poignante et nous aurons encore une fois notre lot d'émotions. Busby livre une oeuvre de bonne tenue (pas de KO mais disons un film qui gagne aux points) à insérer sans problème dans un cycle boxe.  

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