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Adapté d'une nouvelle de Salinger (ce qui eut effet chez ce dernier de couper court à toute collaboration avec le milieu du cinéma, sacré J.D.), ce film de Mark Robson est romantique à souhaits. Il semble que l'on ait déjà vu quarante fois ce genre d'histoire (une jeune femme, un jeune homme, la guerre, la séparation, les retrouvailles en catimini...) mais l'on est toujours partant tant qu'alchimie il y a. Cela tombe plutôt bien parce que le couple formé par Dana Andrews et la sublime Susan Hayward (je suis définitivement fan de la donzelle) est absolument craquant (je peux parler des couples, j’ai l’expérience) : elle est un peu perdue dans sa ptite robe de bal de province, il est un peu solo et un peu gauche, ils se croisent, plaisantent, dansent 12 secondes et l'étincelle est toute de suite dans leurs prunelles. Même s'ils ne cesseront de se demander si tout cela est bien raisonnable, même si elle ne cesse de se demander si… , même si rapidement son engagement dans la guerre met le doute sur…, dès qu'ils sont à nouveau ensemble, notre petit cœur de midinette (je dis cela, je parle sans savoir, mais j'ose) bat pour eux. Un troisième personnage amène un peu de consistance, de liant à l'ensemble en la personne du père de la Susan incarné par l'excellent Robert Keith : ce dernier a beau avoir scellé lui-même une union un peu bancale (sa femme est une plaie, disons-le) au cours de la guerre précédente, il met tout en oeuvre pour que sa fille aille jusqu'au bout de ce gros gros coup de coeur. Est-ce que l'avenir leur sera favorable (si elle tombe prématurément enceinte, s'il meurt à la guerre - ou avant -, s'il revient totalement déconnecté d'elle…), c'est un risque bêta, certes, mais nos deux tourtereaux sont prêts à jouer à fond leur carte... Après c'est le destin dessiné par ce fourbe de JDS...

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Andrews et Hayward créent rapidement leurs petits gimmicks, ces petites choses qui font qu'un couple s'autoalimente par ses propres références ; chaque fois qu'ils se retrouvent (ah cette mythique gare de New York), ils parviennent à retrouver la candeur du premier rendez-vous et l'on est tout frétillant devant leur baisers échangés dans un coin d'ascenseur ou dans un train bondé. La musique grande et ample signée Victor Young vient quant à elle parfaitement souligner les moments les plus déchirants du bazar (on a notre lot de quais de gare, forcément)... J'allais presque dire qu'au-delà de cette rencontre (avec ce père protecteur), le reste n'est qu'accessoire (nan, je ne vous dirai point s'il y aura conte de fée ou tragédie, nan je ne lâcherai rien). Une fois le générique tombée, on garde l'image d'un Andrews sympathiquement pince sans rire, d'une Hayward transie d'amour et d'une histoire simple joliment mise en scène par Robson. Salinger aurait pu plus mal tomber mais on ne reviendra pas sur cette tête de lard du monde littéraire ricain (et ils sont où les bouquins qu'il a écrit par la suite, hein ? Foutaise ?) - cela m'a tout de même permis de découvrir au passage, de fil en aiguille, qu'il existe également une adaptation libre iranienne (...) de Franny et Zooey (par le réalisateur du mythique La Vache - vous ne connaissez pas La Vache ? super meuh-meuh pourtant). Bref un film subtilement romantique des forties qu'il serait bien dommage de renier et de rater à l’occasion. 

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