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Un ptit film finlandais par un réal d'origine russe ? Pas de quoi se priver d'autant que la Finlandaise est, ma foi, bien avenante. Il s'agit justement de l'histoire d'un Dom Juan local qui a le physique (un regard brut comme l'éclair) et les mots pour faire craquer les belles. Notre homme est paysan-bucheron et vit au fil de l'eau. Sa spécialité : descendre les cours d'eau sur un tronc et il n'est pas loin d'être le meilleur dans sa branche. Il séduit la donzelle des champs en un tour de main en lui faisant des promesses d'avenir radieux. Les jeunes femmes craquent avant de réaliser que notre homme a déja pris la clé des champs, toujours à la recherche de nouvelles conquêtes naïves et coquettes. Toute la première partie du film, une bonne heure, nous montre notre homme roucoulant dans les bras de ces femmes qui se noient dans ses yeux. C'est champêtre et sensuel à la fois. On a droit également en bonus à une partie semi-documentaire qui nous montre ces aventuriers nordiques bravant les courants d'eau les plus sauvages sur leur radeau de bric et de broc - enfin surtout de bois. C'est un peu lassant, ce long passage, mais il va permettre de faire la transition avec la seconde partie durant laquelle notre héros, Olavi, va devoir méchamment revenir sur terre.

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Il ne tarde pas, en effet, à se rendre compte que sa vie de patachon ne le mène nulle part. Il recroise quelques conquêtes qui n'ont pas assez de larmes pour dénoncer ses promesses fumeuses et retrouve sa mère, mourante, qui lui demande d'épouser celle qui... Il serait temps en effet qu'Olavi trouve étui à sa hache... Notre homme rejoint la belle blonde qu'il avait dernièrement conquise (incroyable séquence où le père d'icelle refuse de donner la main de sa fille à ce simple bucheron... sauf si elle part dans la même tenue qu'elle est venue au monde ; la fine Finnish n'a pas froid aux yeux et s'exécute devant son austère pater : entièrement dévêtue, elle remporte la manche) mais il n'en a point fini avec ses démons du passé. Le film prend alors une sympathique couleur féministe : entre sa femme (il lui reproche d'avoir eu une aventure alors qu'il en a soixante-douze : elle essaie gentiment de lui remettre les points sur les i), une ancienne amante qui se suicide de dépit après son mariage (cela le cloue aussi sec de tenir la noyée dans ses bras) et sa toute première conquête qui lui fait bien comprendre à quel point son comportement de pur mâle beau parleur et assoiffé de sexe est lâche, notre homme a de quoi méchamment cogiter... Se dirige-t-on tout droit vers un final tragique ou sur une fin de conte de fée un brin moraliste, il vous faudra le découvrir.

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Outre ces petits passages documentaires qui nous font un peu perdre le fil de la trame, avouons que Tulio parvient à nous capter avec de jolis passages lyriques (grande musique, absence totale de dialogues) dignes des bons temps du muet et surtout avec sa capacité à filmer le visage (et le corps...) de son acteur et de ses actrices. Si les regards caméra avec yeux larmoyants et mines dépitées des jeunes femmes sont parfois un tout petit peu maladroits, la façon dont la caméra filme les émois sensibles ou les ébats sensuels des personnages se révèle beaucoup plus convaincante. Il y a un réel "charme scandinave", bergmano-monikaesque (pour faire simple) dans ces images venues du froid... Du batifolage grand crin, de l'amour contrarié à fleur de peau (de chagrin), de la féminité et du féminisme intelligemment mêlées, de quoi en ravir, à mon avis, plus d'un(e). Tentez Tulio.

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