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Beau casting réuni par Bogdanovich pour parler du maître, qu'ils soient réalisateurs (Eastwood, Spielberg, Hill, Scorsese...) ou, surtout, acteurs (Wayne, Fonda, Stewart, Hepburn...). On a un peu peur au départ qu'il ne s'agisse que d'un best of d'anecdotes sur le Genius (les petites brimades subies par les acteurs par ce grand manipulateur malin comme un vieux singe), mais rapidement la discussion s'élève ; il sera aussi bien question de la fameuse ligne d'horizon, de sa façon subtile de donner des indications psychologiques aux acteurs (en insistant notamment sur le passé de leur personnage) ou de trouver le petit geste de mise en scène qui fait le moment venu toute la différence, de sa capacité à utiliser la musique, les chants traditionnels, de son aptitude à trancher dans le gras dans les dialogues tout en faisant confiance à l'expressivité de ses acteurs (l’héritage évident du muet), des connexions (parfois ultra pointues) que l'on peut faire entre ses films, de sa vision de la famille ou encore de la mort... Bref, Bogdanovich ne se prive pas, pour illustrer son propos, d'aller piocher dans l'œuvre du maître et il n'est d’ailleurs pas rare qu'un simple extrait donne envie de revoir tout le film. C'est la magie Ford (un Ford interviewé aussi plaisant qu'un Godard : il ne répond que par oui ou par non (souvent non) quand ce n'est pas tout simplement par un "coupez"), celle qui fait que chaque plan semble avoir été soigneusement pensé (l'aspect pictural), celle qui fait que chaque plan paraisse aussi naturel qu'une truite nageant en eau clair (la mise en scène millimétrée, parfaite, d'une fluidité totale - Ford ayant l'habitude, comme Rohmer (...) de privilégier la première prise). La brochette d'acteurs mythiques présents dans ce doc parlent avec une belle franchise de leur expérience avec John (soulignant aussi bien ses traits de génie que son sale caractère), la séquence émotion revenant à l’évidence au témoignage de Katharine Hepburn (sans parler de l'enregistrement "pirate" entre Ford et Hepburn peu de temps avant la mort de celui-ci).

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Il est également bien sûr beaucoup question de la vision "historique" de Ford, ses films couvrant pratiquement 150 ans de l'Histoire des Etats-unis - c'est la partie sans doute un peu longuette du doc, même si là encore chaque extrait de l'œuvre fordienne est un vrai plaisir. Comme indiqué ci-dessus, Bogdanovich a tourné une première version en 71 de 99 minutes, puis a remonté son doc en 2006 en l'augmentant d'une dizaine de minutes (le témoignage des réals en grande partie). C'est forcément au final quelque chose que l'on a envie de conseiller à tous les fans de l'oeuvre et encore plus à ceux qui font la fine bouche (des fans de Lelouch ? je ne vois que ça... même si cela est un peu hors contexte puisque la référence n'a rien à voir avec le monde du cinéma) devant ce monument valley cinématographique. Une belle entrée en matière en tout cas pour donner envie de se retaper toute l'odyssée fordienne.

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