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Peter Lorre incarne un réfugié (c'est d'actualité) hongrois bien sympa et naïf qui croit au rêve américain. Il passe une première nuit dans un hôtel en rêvant de pouvoir rapidement faire venir sa douce... seulement voilà, un incendie fait rage (c'est malheureusement aussi d'actualité) et notre type s'en sort... défiguré. C'est l'enfer. Il coupe les ponts avec sa douce restée au pays et cherche bon an mal an du boulot : il est forcément victime de délit de sale gueule et se retrouve rapidement à la rue... The American Dream n'a pas fait long feu, on est dans le vrai petit polar noir comme on les aime. Lorre, par la force des choses (pauvre Peter qui se retrouve toujours du côté sombre), va se retrouver à contre-cœur à faire des petits larcins et, le succès aidant, va devenir un véritable chef de gang (sa tronche est dès lors recouverte d'un masque qui le fait plus ressembler à Fantomas version Hunebelle - sans la couleur bleue – qu’à un être humain)... Is Lorre lost for ever ? Pas sûr, car il va tomber littéralement (et non "croiser le regard" ce qui serait mal venu en l'occurrence) sur une jeune femme aveugle : c'est le coup de foudre immédiat entre celui que personne ne regarde et celle qui ne regarde rien (c'est presque du Borzage, mes amis, c'est dire). Lorre rompt avec sa carrière de gangster et se met à la colle avec cette femme qui fait fi de l'apparence. Seulement, son passé va le rattraper et sa femme en sera la première victime : elle trouve en effet la mort dans une bagnole bourrée d'explosifs (on passe carrément chez Scorsese). La vengeance du Pete sera terrible ? Oui, terrible.

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Lorre est tout bonnement au meilleur de sa forme : quand il ne peut jouer avec sa tronche (il est bandé une bonne partie du film), il sait jouer avec bonheur de sa voix de velours un brin efféminé. Quand il retrouve un semblant de visage (les maquilleurs y sont allés un peu fort avec le fond de teint), il sait rouler des yeux comme personne. Le gentil petit naïf réfugié s'est transformé en vrai caïd qu'il ne vaut mieux pas chercher : une armoire à glace le menace avec une arme à feu ? Il lui prend le colbac et lui fait maudire sa mère. On lui tue sa promise ? Il manigance un plan implacable pour que ses ennemis meurent en enfer... Des flammes destructrices qui consomment le rêve américain à la chaleur implacable du désert... American hell. Un bien bel opus relativement méconnu de Florey chaleureusement recommandé.

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