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Un court-métrage qui nous vient des Pays-Bas et qui eut l'honneur de recevoir ex-aequo le Grand Prix à Cannes en 1951 pour saluer l'un des meilleurs longs métrages de la sélection - la logique cannoise à ses limites, vous allez voir qu'un jour même Audiard finira par gagner. Bref. Y a-t-il des moulins à vent inside, vous allez me demander, taquin que vous êtes ? Oui, y en a, dès les premières images d'ailleurs, mais la chose demeure tout de même relativement originale : l'ami Bert a en effet eu la maline idée de filmer les choses par le biais de leurs reflets sur les canaux. Cela permet de suivre entre autres une embarcation voilée filant à travers des nuages de nénuphars ou de voir se gondoler de lourdes bâtisses bourgeoises au passage de bateaux. Haanstra accompagne ces troublantes images aquatiques (vous avez déjà vu une vache marine ? Eh bien c'est l'occase) de petits airs de flutiaux et de violons allant au rythme de ces vagues à l'âme artistiques et cette petite chose de neuf minutes passe du même coup comme un charme.

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Ce jeu de miroir/reflet déformant donne des formes des plus singulières et Haanstra parvient à capter, au meilleur de sa forme, des images qui tendent à de véritables peintures abstraites en mouvement - ce n'est pas de la petite bibine, pour du 51. Ces jeux d'eau qui donnent aux choses des formes longilignes et molles n'auraient sans doute point déplu à un Dali en quête d'aqua réelle (c'est la rentrée, lâchons-nous un brin même si je tiens à informer mes plus fidèles lecteurs qu'après l'oeil droit, j'ai perdu - momentanément j'espère - la main gauche : heureusement que l'être humain a des doubles, fermons la parenthèse). Un documentaire filmé au fil de l'eau qui se goûte à goutte. Un peu de poésie en terre hollandaise, c'est, par les temps qui courent, toujours bon à prendre.

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Quand Cannes,