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Certains metteurs en scène, quand ils doivent réaliser un film d'horreur mais qu'ils n'ont pas de moyens, trouvent de nouvelles manières de faire peur, et transcendent le manque de dollars par un surplus d'invention. C'est rare, mais c'est ce qui pousse vers ce Honeymoon, film réalisé avec le budget cacahuètes du Seigneur des Anneaux mais qui promet sur le papier. Un couple fête sa lune de miel dans une maison isolée dans les bois, au bord d'un quiet lac. Une nuit, la fille disparaît, et le gars la retrouve prostrée dans la forêt. Dès lors, le comportement de la belle change, devient inquiétant, et le beau petit couple marié se distend. Beau sujet : l'altérité qui s'imisce dans le bonheur d'un jeune couple, l'appréhension de l'autre au sein de la plus grande intimité, etc, le tout sur fond de Bodysnatchers moderne, c'est excitant et ça peut faire des étincelles. Le manque de moyens force Janiak à une simplicité bienvenue : deux acteurs (ou presque, on a aussi deux quasi-figurants), un lieu unique, pas d'effets spéciaux grandioses, une certaine sécheresse dans la narration.

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Mais malheureusement, le manque de moyens pousse aussi Janiak à revoir tout à la baisse. On sent qu'il aurait envie de faire son Cronenberg, et le film sent la frustration de partout. A commencer par les deux acteurs, absolument nuls, première marque de baclage ; le gars a dû prendre ses potes faute de pouvoir payer des comédiens, et le résultat est affreux, d'autant que le film se concentre exclusivement sur eux, souvent en gros plans, souvent dans des scènes pas simples à jouer (le bonheur des premières bobines). Quand la narration s'emballe, Janiak échoue complètement à faire monter une quelconque tension, et passe à côté de sa scène clé (un homme qui court dans la forêt à la recherche de sa belle, et qui rencontre une femme qui a changé). Après, il déroule paresseusement sa trame, en tapant du pied parce qu'il ne peut pas se payer un vrai monstre visqueux qui tache, parce que ses effets sont cheap (une lampe torche comme seul élément angoissant, ça suffit pas si on s'appelle pas Polanski) et parce que les pistes intéressantes de son scénario (une critique du mariage, en tant que révélateur de l'altérité du partenaire) sont vite ensevelies sous l'échec annoncé et les tentatives pour éviter le naufrage. Le rythme catastrophique et la fin ratée finissent pourtant d'achever le truc : un vrai gâchis d'idées.

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