vlcsnap-2015-05-08-15h05m42s247

Voici notre lot mensuel, pour ne pas dire notre ilot, de film illien. Une île anglo-saxonne du bout du monde avec des pitons rocheux terrifiants, voilà sûrement l'un des films de chevet de ce bon Werner Herzog. Powell est en tout début de carrière mais on retrouve déjà mêlées sa passion pour les situations vertigineuses et extrèmes, les histoires d'amitié à la vie à la mort et les histoires d'amour contrariées. Une île aride comme un désert, totalement isolée du monde (un bateau de ravitaillement une ou deux fois l'an, on se croirait chez notre gars Riel) où les gens vivent en harmonie avec les moutons (je vois pas d'autres exemples...). Une île qui se meurt en quelque sorte et qui aurait besoin d'un second souffle. Un des jeunes se propose d'aller chercher l'avenir en d'autres terres mais doit faire face à la colère de son père. Son meilleur pote (qui est par ailleurs 'amant de la soeur de l'aventurier) voit également d'un mauvais oeil son départ : il faut que le sang frais reste et que le trio reste uni ; il lui propose alors un challenge montagnard : gravir à mains nus l'une des pentes les plus abruptes du lieu ; le premier en haut, bien sûr, dicte sa loi à l'autre. Ça sent l'accident comme dirait l'autre... Eh oui, l'escalade...

vlcsnap-2015-05-08-15h06m42s85

Accident il y aura et traumatisme suivra. L'île a-t-elle laissé passer sa dernière chance de survie ? Est-elle maudite ? Les jeunes amants pourront-ils un se remettre de cette malédiction familiale (le pater de la donzelle refuse de donner la main de sa fille à celui qu'il considère comme le responsable de la mort de son fils) ? Autant de questions qui se posent dans ce décors dépouillé qui aurait plus à Hugo. La vie est paisible sur cette île chiante à mourir (tiens, si on sortais les moutons ?) mais les rebondissements sont nombreux. L'amant, frustré, décide de partir à son tour, son amante tombe enceinte (oui, il y a eu "faute"), accouche et leur gamin tombe malade... Malheureusement, non seulement c'est la disette sur l'île mais en plus les éléments naturels se déchaînent : impossible de quitter l'île sur une barcasse pour faire soigner le bambin. Cet isolement s'annoncerait-il définitivement mortifère ? (je dis ça, je dis rien).

vlcsnap-2015-05-08-15h07m08s16

Beauté grandiose des paysages (arides), vues impressionnantes (tous les acteurs de ce drame frôles les ravins sans même chercher à faire les malins), morceaux d'escalade pleins de bravoure qui coupent le souffle (je suis totalement aveugle aux éventuels effets spéciaux, bluffé)... le destin de tout un monde (tradition vs modernité) se joue semble-t-il sous nos yeux. Peut-on à jamais se contenter de ce petit lopin perdu en mer et vivre en autarcie ou faut-il un jour entendre raison et rejoindre la civilisation "continentale ? Dure dilemme : il faudra trancher (et ceux qui hésiteront, verront le destin trancher pour eux... comme la magie illienne était capable de frapper, tragiquement). Powell s'avance en terre inconnue et livre une oeuvre d'une évidente originalité de par son sujet et son environnement. Une envie d'île ? Try Michael.   

vlcsnap-2015-05-08-15h05m10s180