vlcsnap-2015-05-04-17h21m02s252

Pierre Salvadori est un réalisateur que je suis depuis ses débuts et qui demeure assez intriguant... Dans la Cour est donc une sorte de "comédie" qui vire à la dépression généralisée, un genre intéressant en soi mais qui laisse le spectateur aussi neurasthénique et dérouté que ses deux personnages principaux... Soit donc une cour d'immeuble parisien avec ses personnages truculents (mais rarement drôles...) : un ancien joueur de foot blessé (in and out), un maniaque du rangement et des bruits, un squatteur à la Preskovic un peu emmerdant… Il y a aussi, bien sûr, Deneuve en girl next door (un peu comme lors de ses 12 derniers rôles), une retraité insomniaque avec des fissures (dans son logis et intérieurement) et un ancien musicos dépressif, Gustave Kervern, qui tente de tourner la page, d'oublier, de s'oublier, de disparaître... Plus le film avance, plus le film s'enfonce dans une certaine torpeur un peu glauque. Ce serait relativement original, si le spectateur, disais-je, n'avait pas l'impression de suivre la même pente que ces deux hurluberlus : on s'emmerde un peu. Salvadori semble vouloir laisser tomber toute idée de rythme, d'énergie et l'on décroche progressivement de ce film à mesure que les deux acteurs principaux s'enfoncent dans leur doute, leur tourment. Même le petit coup de théâtre final, plutôt osé, qui devrait nous laisser les bras ballants, manque son coup : cela fait longtemps que lesdits bras sont tombés, par simple lassitude... Dépression au-dessus de la cour. Une comédie en cul-de-sac…