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Il y a une certaine tendance du documentaire filmé en France (peut-être sous l’influence de Philibert) à filmer des gens au travail et à monter les images « brutes » sans voix off. Chez Philibert cela fait sens, car il y a une réelle réflexion en amont pour que ce montage (La « ville » Louvres entre autre) soit signifiant.  Là, force est de constater qu’on n’apprend pas grand-chose ni sur le travail de journaliste (même si l’écriture d’un article n’est pas ce qu’il y a de plus cinégénique en soi), ni sur la constitution d’un journal. On assiste à de «micros morceaux choisis » qui peuvent parfois faire sens (on pense notamment à ces discussions parfois intéressantes dans la newsroom ou à cette assemblée pour discuter du « positionnement » du Monde par rapport aux élections présidentielles) mais qui, la plupart du temps, paraissent bien superficiels. D’où une impression d’éclatement (on part un peu dans tous les sens) et ce sentiment, au final, que le réalisateur s’éparpille comme s’il n’avait pas été capable de trouver un axe de travail. Il y a bien ici ou là, quelques images « volées » qui prennent une certaine « profondeur (cet homme d’entretien black qui semble, au niveau du staff de l’entreprise, ni faire partie du Monde ni par conséquent du monde… ou encore ce militant PS qui se soulage derrière un arbre pendant qu’un journaliste du Monde, qui suit la campagne de Hollande, fait de la langue de bois en évoquant avec d’autres miltants son « approche journalistique » (un second plan, terriblement « concrète » , et un discours, un poil vaporeux, qui s’entrechoquent joliment), ou aussi quelques discussions intergénérationnelles sur le site web et le journal-papier qui ne sont pas dénuées d’intérêt, mais cela ne pèse pas bien lourd sur 90 minutes plus « divertissantes » (on cherche à donner du rythme…) que profondes… Dommage parce que l’on sent qu’il y avait (plus de) matière (à débat).    

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