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Les Dossiers de l’Ecran présente :  L’Affaire Mattei. Je ne sais pas ce qui a le plus vieilli : le film ou moi-même… Parce que, meo Dio, que c’est bavard, on dirait un film à la radio, ou une méthode d’Italien langue étrangère. Alors oui, il y a de la matière ou tout du moins des pistes dans le film « politique » (oh oh) de Rosi, il y a du montage (flash-back, flash-forward…), un montage tentant de traduire ce tourbillon, cet imbroglio, ce maelström politico-économico-mafieux, il y a de l’abattage dans la prestation de Gian Maria Volonté, homme prétendument dévoué à l’Etat italien et dont le pouvoir monte quelque peu à la tête… Il y a, oui. Mais la logorrhée verbale finit par totalement détruire l’intérêt d’avoir des images… Un accident d’avion filmé à l’arrache en ouverture (déjà urgence, panique, po po po…), un joli pipeline en plein désert qui crache ses flammes, mouais un peu de spectacle pour la forme pour montrer que Rosi comme son héros est tout terrain… Le problème c’est que si le bulldozer Mattei vivait à la vitesse des jets, l’étude de cette « affaire », de ce cas, donne trop souvent l’impression de s’embourber, de tourner en rond : si l’on suit d’un œil la trame politico-huileuse (Mattei a tout fait pour que la société AGIP reste dans le giron de l’Etat et continue d’exploiter les réserves de méthane italiennes ; il s’est ensuite intéressé aux champs pétrolifères, prêt à passer des accords avec des pays regardés d’un sale œil par les autres grands pays occidentaux), l’autre œil a bien du mal à se passionner pour cette histoire où il n’est que trop souvent question de « suspicions ». Mattei aurait été assassiné…  probablement par un agent des services secrets français (ah non, pas nous, on est super clean), bon c’est ce qui se dit… mais le problème c’est qu’on a l’impression d’être toujours dans le « il se dit » et jamais dans le « il a été prouvé que » ; du coup l’enquête paraît rapidement aussi fumeuse que les restes de cet avion crashée au début du film… Mattei aurait fourni des armes à l’Algérie pour aider à son indépendance et pour ensuite exploiter les ressources dudit pays ? Oui, non, peut-être…

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Si l’on sent  que notre homme a un destin qui finit par lui échapper (il se dit lui-même, enivré par ses succès, l’homme italien le plus important depuis Jules César, un peu comme Hollande depuis Obélix), si le film a un petit côté « ça part dans tous les sens » en parfaite adéquation avec la vie de l’homme, Rosi semble avoir plus de mal à vouloir prendre les rênes du projet et le bla-bla constant de Mattei finit par nous faire doucement ronronner… Portrait d’un homme d’affaire européen version 1.0 dans l’après-guerre ? Why not.  Grand film politique qui balance ? Mouarf, plus un film qui marche sur le bout des orteils sans jamais vraiment chercher à casser des œufs... Une narration qui se veut complexe mais qui finit en fait par noyer toute velléité sérieuse d’enquête.  Réouvrez le dossier… sans nous faire roupiller.

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Quand Cannes,