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En ce début d'année 2015, quelques séances de rattrapage qui vire au cauchemar. Benoît Jacquot, oui toi, mon ami Benoît Jacquot, dont j'ai aimé certains films, que s'est-il passé ? Comment en es-tu venu à filmer un scénario si indigent, des acteurs si fatigués ? Le film s'ouvre sur un intéressant plan séquences (un long travelling arrière alors que Poelvoorde et Gainsbourg font connaissance dans les rues de Valence) et puis après j'ai envie de dire, plus rien... Je ne reviens pas sur l'histoire (un homme découvre qu'il a épousé la soeur d'une jeune femme pour laquelle il avait eu un coup de foudre - on n'est pas si loin de la trame de La Femme d'à côté et d’une situation de Jules et Jim (le fameux rendez-vous manqué) on arrêtera là toute autre forme de comparaison, please) simplement pour dire qu'une fois qu'on a compris le pitch (donné d'ailleurs dès l'affiche), on peut aller voir ailleurs (sortir faire ses courses, manger un flamby, regarder un film...). Dieu sait que j'aime Poelvoorde et Gainsbourg mais là, les pauvres, les traits tirés (l'enchaînement des tournages ?), l'air contrit de bout en bout, ils font rapidement pitié... Le problème c'est qu'ils n'ont rien à jouer... Un très beau regard échangé lorsqu'ils se recroisent après le mariage de Poel avec Chiara (10 secondes à sauver au final, c'est peu) et puis ensuite, rien, pas un dialogue à dire, pas une belle scène à jouer : soit ils doivent ressembler à des animaux blessés (faites la gueule les gars, bien merci, ça tourne !), soit ils doivent s'embrassemer goulument mais... mais... il n' y à absolument rien d'autres à se mettre sous la dent, dans le fond et dans la forme... Je n'exagère point.

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Parmi les choses les plus affreuses dans ce ratage total notons cette voix off qui survient deux fois n'importe comment et qui n'apporte absolument rien (Là aussi, Jacquot a-t-il lorgné du côté de La Femme d'à côté... sans comprendre le sens de cette voix off ?) et l'emploi terrible de ce thème musicale qui fait penser à l'arriver d'un navire de croisière dans la rade de Toulon (c'est fait pour glacer le sang : attention ! Poelvoorde va recroiser Gainsbourg, oh là là, comment ça va se finir c't'histoire !!!???? Mal ?)... On pourrait revenir également sur l'emploi terriblement lourds d'objets symboliques dans l'histoire (le briquet, ohoho, le miroir, ahaha, la machine à faire des bulles de savon : si vous ne comprenez pas la métaphore, le symbolisme, restez fidèle à la lecture de Martine à la Ferme, je ne peux plus rien pour vous), sur cette pauvre Deneuve (que j'aime beaucoup) et cette pauvre Chiara (que, c'est vrai, j'aime pas) qui se retrouvent mère et fille pour la trentième fois et jouent toujours de la même façon (si quelqu'un peut m'expliquer l'intérêt d'avoir mis Deneuve à ce poste (3 lignes de dialogue), qu'il m'explique : un gachis terrible...), sur les cernes de Poelvoorde creusées au burin (quel beau jeune premier, franchement, parfaitement crédible... et puis quel charme... Il a dû accepter le rôle, le bougre, car il y avait une scène où il s'enfile une bière... sinon je vois pas). 3 Coeurs, donc, qui tourne à vide dont l'un finit par lâcher - comme celui du spectateur...