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Alors oui, forcément une forte impression de déjà-vu puisqu'il y a environ deux ans je me matais Ball of Fire de ce même Hawks... qui reprend presque à la virgule le même scénario (admirez au passage le parallélisme des photogrammes, il vous en prie) : une jeune femme recherchée par la police (son mari est un mafieux) trouve refuge dans une Fondation musicale tenue par des petits vieux... L'un d'eux (un poil plus jeune, tout de même) va forcément tomber amoureux d'elle sans savoir que la gorette joue la comédie... Il ne s'agit simplement plus, en toile de fond, de traiter de l'évolution du langage mais de l'histoire de la musique - fine variation... Le film, mes bons amis, est forcément plus musical (on s'en doute) avec la présence de quelques pointures jazzy : Dorset, Armstrong, Hampton et j'en passe... Mais sinon, cette version plus colorée tient-elle vraiment la comparaison avec l'original ?

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Soyons franc jeu : il y a Virginia Mayo, une Virginia qui illumine de sa grâce et de sa verve ces gentils petits vieux. Sa bouche rouge cerise est une invitation au péché et on comprend que son vis-à-vis soit tout tourneboulé quand elle lui propose de faire yum-yum. Ce vis-à-vis, c'est ce sympathique Danny Kaye (genre d'Alain Chabat roux, s'il fallait tenter un truc) qui tente avec quelques grimaces et un air penaud de prendre la place du génie Cooper (oui, la comparaison est forcément rugueuse)... Leur flirt, leur baiser et la fameuse déclaration d'amour du héros dans le noir (l'instant romantique du film, inside the bungalow) demeurent les meilleurs moments de cette comédie musicale policière... On ne va pas cracher sur la musique - un peu plus sur l'aspect polar traité grossièrement - puisque cela permet d'entendre quelques boeufs inspirés mais avouons que ce n'est pas non plus ce qui nous a le plus passionnés... Cette seconde mouture perd indéniablement en humour - il y a le charme de la voix de Mayo pour contrebalancer mais cela ne suffit guère à faire pencher la balance... Le dernier morceau qui convoque toute l'armada de musiciens - Hawks reprend les mêmes très grosses ficelles pour mettre à mal ces mafieux d'opérette - traîne un peu en longueur et l'on finit par avoir hâte d'assister à l'ultime yum-yum... Un Hawks qui joue sans doute un peu trop aisément sur du velours, connaissant par coeur la recette... Bel exercice d'auto-remake, mais on préférera l'original... On ne se refait pas...

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Howard, ô desespoir, ici