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Voilà une petite chose toute en délicatesse : il s’agit donc de l’histoire d’une princesse signée par les fameux studios Ghibli ; le trait du dessin est fin, digne d’estampes japonaises pour les arbres en fleurs, les couleurs des aquarelles très douces et la trame simple comme une pousse de bambou : pourquoi chercher le bonheur dans le mariage avec l’Empereur alors qu’il est, le bonheur, dans les prés, tout près. Il est donc question d’une jeune fille née dans une pousse de bambou que va élever un couple de paysans japonais. Notre héroïne pousse à vue d’œil (à chaque petit événement de sa vie) sous le regard attendri de ses parents ; ces derniers n’ont pas fini de bénéficier de la manne de ces bambous magiques puisqu’ils trouvent au pied de l’un d’eux des monceaux d’or puis moult étoffes. La chtite s’éclate avec ses amis dans la cambrousse mais les parents, bien intentionnés, décident de l’installer en ville dans un palais : elle ne tarde pas à acheter son rang de princesse et de nombreux admirateurs, jusqu’à l’Empereur, viendront essayer de la courtiser… La petite semble tendre mais il faut se méfier des multiples coups de bambou du destin : les courtisans hauts placés risquent en effet de tomber de haut… Et si elle n’était tout simplement pas faite pour « ce monde », hein ?

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On apprécie, disais-je, le dessin à la dentelle, la candeur et la bonne humeur de ces personnages qui s’ébattent dans la nature, et la fourberie, en contrepoint, de ces riches hommes qui vont se fourvoyer en voulant s’allier à cette petite âme trop pure. Il s’agit bien de nous démontrer que la chtite, en liberté dans la nature, trouve son dû ; une fois qu’elle est enfermée dans ce palais, prise dans le carcan de son éducation, des ambitions de ses parents, la chtite stagne comme de l’eau dormante… Le réalisateur nous régale de quelques changements de style dans le dessin (la course folle de notre princesse qui rêve de revenir dans sa campagne « natale », petite tache rouge en colère qui finit le nez dans la neige ;  la vision cauchemardesque de ce prétendant qui doit faire face à la fureur du dragon marin et se perd en pleine mer ; ce premier passage très poétique où l’on aperçoit la Terre depuis la Lune ; cette envolée lyrique sur la toute fin quand l’héroïne et son amoureux d’enfance flirtent avec les cieux…) et les 2h17 passent comme un charme. Bon, avouons tout de même pour mettre un petit bémol que la toute fin est un peu cucul-la-praline avec ces personnages lunaires mystiques qui abusent de la clochette et de la zénitude. Mais balayons d’un revers de la main ce petit nuage, cette princesse Kaguya reste l’une des meilleures surprises animées de l’année.

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