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Voilà un film ma foi relativement simple, sage et limpide... Tout du moins au premier abord. L'histoire d'un metteur en scène en quête d'une femme, de la femme, d'un sujet féminin (...), l'éternel thématique du créateur à la recherche de l'inspiration et de jeunes filles en fleur. Difficulté d'aimer, d'être aimé, impuissance (sexuel, créatrice... ? Boh, c'est un peu pareil...) et autre aléa de ce monde contemporain où les embûches sont multiples. Notre personnage principal (Tomas Milian, une bûche) invite une sublime jeune femme (Daniela Silverio, sylphide sortie du fond de la coulisse...) : rapidement, plane une menace (un intermédiaire met notre homme en garde par rapport à cette liaison), la jeune femme est elle-même harcelée par un ancien ami de sa mère qui se dit être son père, nos amants se lovent dans les bras l'un de l'autre et font l'amour (scènes d'un grand "naturel", d'une belle évidence) mais notre héros semble avoir du mal à "durcir" (impuissance premier acte), semble avoir du mal à dire "je t'aime". Autant d'ombres au-dessus du jardin amoureux. Elle le quitte, son souvenir obsède notre metteur en scène : même s'il roucoule avec la magnifique actrice Christine Boisson (toute jeunette), il voudrait retrouver sa trace - sans succès (impuissance deuxième acte). Où toutes ses "expériences", ses aventures vont-ils le mener - intimement et artistiquement... That's the qestion. Il finira par se lancer dans un film de science-fiction où il sera question du mystère de la vie... Love in progress, work in progress, intimicy in progress... Il s'agit d'un film où l'on a parfois du mal à savoir où l'on va (ce qui n'est pas forcément désagréable) et dont on suit la pente douce avec une certaine aisance : les affres d'un créateur, d'un homme, le tout filmé avec une grande légèreté... Certes, cela ne nous empêche pas de chercher à lire entre les lignes... ou les images.

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Tout le drame de cet être est d'être incapable d'aimer, de dire "je t'aime" lorsqu'il est en présence de cette femme, et d'être obsédé par elle dès lors qu'elle disparaît. C'est une sorte de recherche impossible à laquelle il est voué. Il ne parvient pas à saisir ce qu'il a au présent, n'aimant au final que ce qu'il a perdu... Il y a cette magnifique séquence dans le brouillard, où, sans jouer les analystes à deux balles, l'on sent à quel point ce couple est voué à se perdre... Certes ces deux êtres sont sous la pression de ce monde moderne difficile "à saisir" mais l'on sent déjà, au sein de leur "couple", toute leur difficulté à être sur la même longueur d'onde... sa nervosité à lui, son incertitude à elle. Ce terrible brouillard s'abat sur le film, sur ce couple qui va forcément finir par se perdre de vue... Il est difficile de ne pas évoquer dans la foulée cette autre séquence magique entre notre homme et son amante suivante, la Christine, seuls sur leur braque à la lisière de la lagune vénitienne. Notre homme, cherchant selon ses propres mots la solitude par une sorte de "déformation professionnelle" - la solitude étant nécessaire pour trouver l'inspiration -, se sent soudainement aussi triste que le bruit de l'eau : il y a cette femme, là, qui lui tend les bras, mais l'on sent que notre homme est gagné par une certaine lassitude (d'artiste, d'amant ?...)... Lorsqu'il osera enfin "sauter le pas" et demander cette femme en mariage, d'autres problèmes pointeront le bout de leur nez... La fatalité d'une quête (féminine ...et créative ?) impossible, une œuvre sentimentalement noire mais d'une belle luminosité - A 70 ans, le regard que porte Antonioni sur la vie, sur les femmes, sur la C/création est loin d'être éteint. 

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