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Robert Aldrich nous amène à la frontière entre le Mexique et les States, à la frontière entre le Bien et le Mal, à la frontière entre l’amour et l’inceste (rien de moins que cela…). C’est un western, sur le principe, comme on les aime, un bon vieux road movie avec troupeaux de bêtes qui soulèvent de la poussière, histoire initiatique et voie rédemptrice (ou pas)… Au départ, on ne peut pas dire que Dorothy Malone manque d’attention : il y a son mari, alcoolo aux yeux vitreux (l’excellent Joseph Cotten), il y a un ex, violent et alcoolo par le passé, qui tente de montrer dorénavant patte blanche (Kirk Douglas et sa fossette) et il y a un ptit jeune, droit dans ses bottes (Rock Hudson et sa ptite gueule d’amour). Tout ce petit monde se retrouve donc sur la route, devant ramener environ mille têtes de bétail au Texas. On peut rajouter là-dedans deux ingrédients supplémentaires : le fait que le shérif Rock veut ramener le gars Kirk aux States pour le pendre (Kirk aurait tué un gars en ne respectant guère les règles…  Kirk se marre, menton au vent) et que la gâte Dorothy soit accompagnée de sa fille, d’une jeune fille, pardon d’une jeune dame de 16 ans, la pure Carol Lynley .  Long is the road…

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Entre Rock et Kirk, l’ambiance reste courtoise avec ici ou là, forcément, quelques étincelles : les deux hommes tournent autour de Dorothy, ça s’observe, se jauge et se frictionne à l’occasion. Mais rien de bien méchant, on sait parfaitement que le règlement compte ultime aura lieu entre eux au last sunset du titre original (le titre « français » est quant à lui juste comique). Pour patienter avant ce duel au soleil déclinant, il y aura l’éveil de notre jeune fille (elle a droit à une petite leçon pour sauver un jeune veau qui a perdu sa mère… et se retrouve ainsi, malgré elle, dans la peau d’une mère ;  on assistera plus tard à la véritable éclosion physique de notre jeune pousse qui se transforme en jolie fleur jaune, à l’exemple de sa mère…). On aura droit également, bien sûr, à notre lot d’actions, avec des tempêtes de sable multiples, des sables mouvants, des indiens à l’affût et un trio de malfrats menés par l’incontournable Jack Elam (avec son œil qui dit merde et va-te-faire foutre à l’autre).  L’art d’Aldrich et du scénar de Dalton Trumbo, c’est que l’on ne sait jamais trop ce qui va se passer, ni comment les relations vont évoluer (surtout entre Hudson, Malone et Douglas)… Pour preuve ce trio qui se transforme soudainement en quatuor et cette nouvelle terrible, ce coup de théâtre, qui tombe sur la tête de Kirk…

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Jusque-là,  Aldrich était quand même sur du velours (une rivalité entre homme, une femme qui fait les yeux doux à l’un puis à l’autre…) Soudainement le film change de ton et l’on se demande où tout cela va nous mener : Kirk va se fendre, suite à cette nouvelle qui en aurait ébranlé plus d’un, d’un discours paternaliste relativement convenu - on se dit, mouais, pourquoi pas… Mais on va surtout se rendre compte (au-delà de cette information difficilement vérifiable) que le diable qui fut en Kirk est loin d’être totalement assagi… Et ça, le Kirk, quand il en prend conscience, il sait parfaitement comment résoudre le problème. C’est tout le tragique de la chose et c’est plutôt bien amené. La rédemption est-elle possible quand on est un homme ? Pas sûr… Un western noir, on reconnaît bien là le Bob.  

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