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Forcément un petit air de déjà vu à la vision de cette œuvre puisqu’il n’y a pas si longtemps j’avais vu le (second) remake de la chose (Convicted, 1950 - je n’ai pas vu en revanche Penitentiary de l’excellent John Brahm datant de 1938). Cela déflore un peu le suspense de ce movie de geôle du grand Hawks (crédité au générique comme producteur et non comme réalisateur mais ne chipotons point) mais il y a suffisamment de temps forts et de scènes joliment mis en scène par le sieur pour qu’on y trouve son dû. L’histoire en deux mots (vous la trouverez plus en détails dans la chronique sur Convicted si cela vous dit...) : suite à une altercation dans un dancing (un ptit jeunot, Robert Graham, lance une carafe d’eau à tête d’un type influent qui tripotait une fille : il le tue ; j’ai moi-même reçu dans les bas-fonds de KL une chope de bière sur le front dans des circonstances aussi troubles mais la tragédie ne fut pas au rendez-vous, croyez-le ou non), Robert écope de 10 ans de prisons. Le type, au bout de 6 ans, devient à moitié dingue mais le nouveau gardien de  prison (Walter Huston, plein de maîtrise et de charisme, qui n’est autre que le procureur qui avait instruit l’affaire du Bob) le prend sous son aile  : il devient chauffeur de sa fille (la pimpante Constance Cummings dans son tout premier rôle) ; notre gazier reprend des couleurs, entrevoit d’être libéré sur parole... lorsqu’un nouveau coup dur survient : il est témoin d’un meurtre au sein de la prison et refuse de donner le nom  de l’assassin au dirlo… Son avenir se couvre, again…

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On appréciera chez Hawks, entre autres, ce talent indéniable pour le hors-champ (Hawks escamote la scène de la carafe et filme divinement le meurtre de la prison derrière une porte close), cet art de jouer du montage avec des images « en transparence » (quand notre petit jeune devient berdin à cause du bruit des machines ou lorsqu'il s'agit de montrer la colère qui monte chez nos bagnards - au moins 2000 figurants au bas mot : impressionnantes, ces scènes de promenades dans la cour) ou de filmer une séquence dans sa continuité (le dirlo tentant de persuader Robert de livrer le nom de l'assassin ; la fille du dirlo avouant son amour pour notre gars Robert) : dans la première séquence, on sent la pression monter - le dirlo tournant comme un vautour autour de sa proie -, dans la seconde, on sent l'émotion monter chez cette jeune fille qui dévoile ses sentiments à son pater. Huston se retrouve au centre de scènes relativement fortes (sa descente dans la cour parmi des bagnards revanchards, la fameuse scène du rasage effectué par un prisonnier qui avait... égorgé sa victime : Walter, dans les deux cas, reste de marbre, plein de sang-froid) ainsi qu'un certain Boris Karloff : compagnon de mitard du Robert, Boris fait frémir ; habillé tout de blanc - il est employé comme serveur chez le dirlo -, le type fout encore plus les jetons que lorsqu'il est grimé en Frankenstein. Droit comme un i, le regard plus noir que l'enfer, il s'avance vers sa future victime tout en douceur... Le gars a dû mourir d'une crise cardiaque avant même que le Boris sorte son couteau... Le final de Convicted était de mémoire un peu mollasson, il est ici (alors qu'il se passe la même chose) beaucoup plus tendu et pétaradant. Rien ne vaudra jamais, décidément, une bonne vieille version originale et originelle... surtout quand c'est Hawks aux commandes du bazar. Un code reçu 5/5.

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