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Je m'attendais à un bon vieux film avec Edward G. Robinson en dur, un type à qui on ne la fait pas, un type qui se met en boule à la moindre occasion, un type qui comble sa petite taille par sa grande gueule. Y'en a, comme qui dirait l'autre mais là n'est pas vraiment la raison centrale de cette œuvre joliment troussée et cuite à point par Bacon : il s'agit bel et bien d'une comédie et d'une comédie - une fois n'est pas coutume (je sais, je me déride rarement devant mon écran, c'est un fait) - qui est drôle. Je me suis esclaffé deux trois fois, ce qui est déjà 3 fois de plus que ma réaction habituelle devant l'ensemble des comédies franco-ricaines de ces 30 dernières années (comme ça, à la louche). Franchement, quand vous voyez la tronche de tueur de Robinson pendant qu'il torche un papier-cadeau, c'est dur de rester de marbre... Mais comment notre petit truand est-t-il parvenu derrière un comptoir ? Robinson sort de taule, jusque-là, tout va bien. Il veut se ranger - en organisant des courses de lévriers - mais pour cela il faut un minimum d'investissement. Comme les banques ne prêtent qu'aux riches (déjà), il décide d'en braquer une. Il achète un commerce de valises en cuir situé juste à côté de l'une d'elles : il suffit de creuser un tunnel dans le sous-sol et à lui et à ses deux acolytes (le bourrin Broderick Crawford et le petit rigolo Edward Brophy) la thune. Seulement, tout ne va pas se passer comme prévu : le commerce de valises qui n'avait pas un client va commencer à marcher sa race... ce qui va progressivement changer la donne.

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Le ressort comique est connu : plus tu fais tout pour foirer un truc, plus ça fonctionne. Un peu comme le parti socialiste, à l'envers. Robinson n'en a que faire de ce magasin de vieilleries mais les circonstances vont s'acharner... pour que les affaires fleurissent. Entre ce type à la colle avec sa belle-fille (Jane Wyman, honnête) qui va lui faire de la pub et sa popularité dans le quartier auprès des autres commerçants (suite à un quiproquo), Robinson et ses deux hommes de main ne savent plus où donner la tête pour satisfaire la clientèle. Cerises sur le gâteau, la banque les contacte pour racheter le magasin à un bon prix (elle veut s'agrandir) et les hommes de Robinson, à force de creuser, trouve du pétrole en plein New York (ils ont en fait crevé le tuyau de la chaudière qui marche au fuel - mais le gag est fort, sur le coup...). Comique de situation, comique de mots (on frôle souvent la screwball comedy dans les réparties de Robinson (- Come to look over my lingerie, lui dit la commerçante voisine - Come to look over my trunks, lui répond-il spirituellement (trunks, en anglais : malles et slip, hein, pour ceux qui n'auraient pas révisé pour le BAC)), comique de tronches (Robinson, sérieux comme un pape alors que tout le dépasse et part en live (la fuite d’eau dantesque…), Crawford, sérieux comme un couillon, alors que tout le monde le prend pour un couillon), on se fend la pipe jusqu'à ce que, sur la fin, le polar tente de reprendre ses droits : Mister Anthony Quinn, tout jeunot et déjà terrifiant, s'échappe de prison et espère bien "profiter" au maximum de la situation de Robinson - alors que ce dernier veut se ranger des voitures, définitivement, l'autre veut le faire "replonger"... Le drame semble vouloir prendre le pas sur la comédie à moins qu'il n'y ait une ultime pirouette… 95 minutes en quasi huis-clos (on sort de là, on sent le cuir) sans que l'on s'ennuie une seconde... Gols, prends de la graine pour les paquets-cadeaux, c'est bientôt Noël - une leçon.

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