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Comment ça, Shangols n'aurait pas le droit de se mater de gros blockbusters qui tâchent ? Allons donc. Ce n'est pas la première fois mais peut-être la dernière, par exemple (je dis ça, je finis toujours par succomber à la facilité... N'écouterais-je point le prochain Marillion quitte à faire une moue dépitée pendant deux heures ? Si, again and again). Bref, c'est Doug Liman à la barre, hein, et Tom Cruise sur le pont. Ce premier filme les scènes d'action comme ma grand-mère faisait cuire les pâtes : c'est impossible de rater la chose systématiquement et pourtant... (c'est pas le fait de mettre 3000 plans en une seconde qui donne du rythme, ça donne juste envie de se remettre des gouttes dans les yeux - je dis ça, je dis rien). Le second est pour sa part toujours aussi expressif : soit Tom Cruise ne bouge pas un des muscles du visage (et il y en a 60, cela reste une performance), soit il en bouge deux - lorsqu'il nous fait grâce de son fameux rictus pince sans rire (c'est souvent quand ce qu'il dit est drôle). Ce type me fait penser au musée Grévin dans sa totalité. Bon attaquons-nous au scénario : un type est embarqué malgré lui dans une guerre mondiale (enculés de Mimics qui ont même attaqué la France et sauvé, d'une certaine façon, François Hollande avant la fin de son mandat), meurt sur le champ de bataille... et recommence la même journée. Oh je l'ai déjà vu, avais-je envie de lancer comme quand j'étais petit. L'idée n'est pas originale mais peut être drôle - le comique est du répétitif plaqué sur du vivant, remember ? Et c'est drôle une ou deux fois - comment vous savez que je dois prendre trois sucres ? Tu me fatigues Emily. Oui, l'héroïne est interprée par Emily Blunt aussi fadasse qu'Enora Malagré mais moins vulgaire quand même. Les deux font la paire pour s'attaquer au grand cerveau des Mimics (Bourvil ? Soyez sérieux deux minutes sinon j'arrête) qui a pris possession du Louvre (!... Ils ont de l'imagination ces Américains... Et pourquoi pas d'un centre culturel aux Comores, hein ? Je sais, je m'énerve dans le vide). Je ne vous dis pas la fin du bazar mais juste quand on croyait que tout était mort, ohoh, re-open your eyes, you won't be disappointed. A part l'idée (pas vraiment maline) de cette guerre aux allures de jeu video (putain il ne me reste que 34 vies), on se demande vraiment s'il y a un fond... Au fond du trou, justement, on trouve le cerveau de la créature... Le blockbuster de trop ? Nan, tu verras le prochain Marillion devrait être pas mal, il y a un morceau de 65 minutes. Pffff... Edge of my ass, oui.  (Shang - 17/10/14)

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Oui, aaah je dis pas que c'est le chef-d'oeuvre inoubliable de ce siècle, mais je trouve que mon compère a eu la main un chouille lourde sur ce film assez marrant, finalement. Je suis complètement d'accord avec ses critiques sur la mise en scène du bazar : on n'y comprend que dalle, tant ça va vite, et il me semble que le sujet aurait au contraire mérité des plans longs, voire des plans-séquences puisqu'il est question de jeu vidéo. Là, c'est haché, illisible, épileptique, et ce rythme affreux gâche toutes les scènes d'action (97% du film). D'accord aussi sur le jeu mormoréen d'Emily Blunt, qui fait la même tête quand elle a mal que quand elle rigole. Moins d'accord par contre, sur le reste. Encore une fois, on est là dans le film bas du front et commercial, qui ne se préoccupe pas trop de sens, hein, n'allez pas me faire dire. Mais tout de même : il est permis de voir là-dedans non seulement un amusant exercice de style sur les jeux-vidéo, donc, puisqu'il s'agit de s'améliorer à chaque "reset" pour passer le palier suivant ; mais aussi, allez, soyons audacieux, sur la carrière de Cruise lui-même.

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On sait que le gars fait toujours, à quelques géniales exceptions près, le même film : je cours, je tire, je gagne. On peut donc lire cette succession de morts et de renaissances comme un condensé de toute la carrière de Cruise en un seul film, comme une mise bout à bout de tous les gros blockbusters qui tâchent qu'il a joués dans le passé. Liman regarde d'ailleurs son acteur avec beaucoup de sincérité, s'amusant d'en donner une énième vision clicheteuse, et il a raison : peu de cinéastes (De Palma, Kubrick) ont compris qu'il fallait employer Cruise non comme un acteur (le gars est nul), mais comme une surface, une mythologie. Edge of Tomorrow est de ces films qui utilisent Cruise comme une image, ce qui le met un cran au-dessus des autres. Inutile, donc, de chercher le jeu d'acteur là-dedans ; il importe surtout de voir une image, de synthèse presque pourrait-on dire, se faire exploser, puis revenir, puis se refaire exploser, etc, ad lib. En ce sens, c'est assez drôle, non seulement parce qu'il a engoncé Cruise dans une armure qui le rend hyper pataud, mais en plus parce que la succession cartoonesque de morts improbables finit par être ridicule dans la surenchère (on n'est pas si loin du Coyote de Beep-Beep). Voilà, après c'est vrai que c'est trop long, pas finaud et très laid, hein, on est bien d'accord.   (Gols - 16/01/15)

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