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Kawase n’a pas pour habitude de faire dans le sensationnalisme et Hanezu le confirme. Une histoire toute en pudeur, en non-dits, en sentiments cachés : un triangle amoureux qui, chez d’autres réalisateurs provoqueraient moult cris, voire des coups et des larmes et des larmes et qui se déroule ici calmement, dans un silence… tragique. Le film est pourtant lumineux, léger dans ses deux premiers tiers. Une femme vit avec un homme qui semble avoir un peu les deux pieds dans le même sabot (pas méchant, le gars, pas du genre non plus à s’exploser la tête au saké en chantant Tostaki, genre). Elle a un amant, sculpteur, plus jeune, plus beau, plus wouah… mais tout aussi taiseux. Elle annonce à ce dernier qu’elle est enceinte en espérant le faire réagir… Mais son amant, comme son homme, ne sont pas du genre à prendre le taureau par les cornes, à forcer le destin, à faire de grandes déclarations d’amour et à bouleverser leur petit train-train… ou alors, lorsqu’il est trop tard.

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On avance dans le récit à pas feutré, par allusion (Kawase tisse un lien subtile avec le récit de la grand-mère de la jeune femme et le grand-père de l’amant : ils ont également vécu une histoire d’amour dans leur jeunesse également, une histoire vite avortée… L’histoire va-t-elle se répéter avec leur descendant ? Ceux-ci auront-ils le même type deréaction ?), par sympathique métaphore (le serin chez le mari qui est en cage, les hirondelles chez l’amant qui font leur nid en toute liberté). On retrouve, bien sûr, chez Kawase cette « mise en scène de la nature » avec, notamment, lorsque la tristesse étreint l’amant, la tempête, la pluie, le vent, qui agitent, comme des brindilles, tous les arbres de la forêt. On progresse, comme d’habitude, par petites touches mais l’ensemble manque tout de même un peu de souffle, pour le coup, d’envolées, de moments « extatiques » (comme dirait le gars Herzog). Du coup, on regarde cette œuvre zen et subtile (le jeu sur les couleurs, les teintes de rouges, forcément… j’ai fait japonais 6ème langue) avec un certain plaisir mais sans que la « Kawase touch » finisse par prendre totalement l’ascendant sur notre petit cœur alangui. Bel esprit, un peu trop vaporeux, peut-être. 

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