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Un épisode qui ne brille pas particulièrement par sa mise en scène (des combats sobres, filmés sans maestria, juste la beauté du geste, pas une perle de sang - si ce n'est sur les bajoues d'un Zatoichi en colère) mais qui se veut relativement introspectif. Zatoichi est au milieu de son périple (13 sur 25... ou 26 si on veut) et commence (avec l'aide d'un vieux prêtre aveugle qui le titille) à se poser des questions sur sa fatale condition de solitaire. Ici ce n'est point une femme qu'il décidera de quitter à la fin mais un bambin sur lequel, comme le rappelle le prêtre, il ne peut avoir qu'une mauvaise influence : il est facile pour Zatoichi de paraître un héros aux yeux du gamin tant il sait maîtriser son sabre et découper les viscères de ses adversaires comme d'autres en cuisine les sushi. Seulement, hein, mon cher, la violence a-t-elle jamais été une bonne école ?  Zatoichi se montre prêt à changer de comportement, à se faire même royalement humilier par des ennemis devant le bambin - c'est l'individu que le bambin doit aimer pas le fier à bras ; seulement chasser le naturel, il revient au galop et notre masseur, incapable de supporter l'injustice, va devoir tailler et retailler dans le gras des sales types qui font la loi in the city. Il ne sera jamais accepté ni par les aveugles, ni par les borgnes, ni par les autres, c'est la leçon que le prêtre veut lui faire entendre. Sévère mais juste. Zatoichi demeure pensif mais sait encore, heureusement, se faire parfois un peu taquin : un peu de légereté et d'humour en quelque sorte comme pour éviter d'ouvrir les yeux sur son destin. So sad.

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Episode introspectif, disais-je, qui pourra contenter les plus sages, qui frustrera les adeptes des prouesses sanglantes du master aveugle et des mouvements de caméra chiadés. On retrouve les sempiternelles recettes de la série : un homme assassiné qui confie une somme d'argent à Zatoichi dans un dernier râle (le starter), une grand-mère et un bambin bien touchants ma foi, un clan de salopiots qui viennent de débarquer en ville pour faire régner la terreur, une pute au grand coeur, un samouraï coiffé en balai chiotte et aussi flan et couillon que le dit balai. On sent que le gars Tanaka a un goût prononcé pour l'humour pince-sans-rire (tu connais le coup de la bougie ?), les bonnes vieilles discussions où il est grand temps de voir les choses en face (la pute avec Zatoichi puis le samouraï - qui se prend une leçon, ouh-là ! ; Zato et le prêtre ; Zato et le chef du gang qui brille moins que son crâne...) ou encore les combats nocturnes : parmi les joncs ou sur un pont (de bien belles ombres chinoises), on sent que le réal aime l'obscure. A défaut de manier la caméra avec brio (il tente un travelling arrière sur Zatoichi - quand le prêtre lui fait la leçon de l'autre côté de la cloison - qui part méchamment de traviole, si je peux me permettre), Tanaka livre un épisode "apaisé" où Zatoichi plutôt que de sortir son sabre à tout va doit plonger en lui-même. Psy et sobre.

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