dark-touch-51dfdbdd6149aLouables intentions de la part de Marina de Van : parler de l'inceste et de la violence faite aux enfants au travers d'un film d'horreur vengeur, où les enfants prendraient le pouvoir sur les adultes. Mais que voulez-vous : quand on ne connaît rien au cinéma, on a beau essayer, on n'arrive à rien. Dark Touch est ridicule, malgré le sujet intéressant ; la faute à un manque complet de technique, aussi bien dans la direction d'acteurs (tous nuls) que dans le montage (des trous béants dans la trame, qui semblent cacher des scènes encore plus mal foutues que celles qu'on a sous les yeux), dans la mise en scène que dans la photo.

dark-touch-52316dbdcd364Neve est une enfant battue et violée par ses parents. Sa fureur se transforme en pouvoirs télékinésiques, et elle finit par assassiner ses géniteurs à grands coups de meubles qui se déplacent et de lustres pointus qui énucléent (la grande figure de style du film : la commode qui vient coincer le personnage au niveau des cuisses). Recueillie par une famille à peine plus nette, elle va reconduire ses pulsions de vengeance partout, et même, après une ellipse incompréhensible, parvenir à hypnotiser un groupe d'enfants pour qu'ils se dressent contre les adultes. Ca se terminera dans les flammes de l'enfer, en une sorte d'apothéose en mousse où les enfants ont enfin le pouvoir. Ca part de Carrie et ça va jusqu'à Village of the Damned si vous voulez. Enfin en tout cas dans l'idée. Parce qu'au niveau de la forme et au niveau de l'écriture, c'est absolument catastrophique. De Van fait irruption dans le monde du film d'horreur, mais elle ne semble en avoir vu que les bouses formatées hollywoodiennes. Mal rythmées, les scènes sont systématiquement coupées trois secondes trop tard ou trop tôt, et du coup le montage multiplie les faux raccords énormes. Absolument incapable de foutre une quelconque frousse (la petite héroïne mériterait certes des calottes, mais est aussi effrayante qu'un Bisounours ; les enfants hypnotisés sont hilarants), elle tente les effets grand-guignolesques, notamment dans un final atterrant qui voudrait être baroque à mort et n'est qu'ampoulé. Le reste du temps, c'est au mieux laid (la photo, brrr), au pire complètement con (les adultes qui se prennent tout le mobilier sur la gueule et qui cherchent une explication à ça, tandis que la gamine les regarde par en-dessous avec le regard de Nicholson). Du coup, le film passe complètement à côté de son idée. Un navet, on dit.