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On ne l'attendait plus, surtout après la très belle conclusion de la saison 8 : revoilà notre Jack B., sorti des limbes pour reprendre un service de 12 heures toujours aussi peu disert en pauses clopes et en siestes. On attaque, c'est vrai, ce retour du retour du retour avec une once de doute, convaincu que le style de la série, s'il a bouleversé tout dans les années 2000, a dû perdre pas mal de son effet aujourd'hui. Mais franchement, au bout d'environ 1 minute 20, on oublie définitivement les doutes, et on oublie même de penser : on se contente d'ouvrir une bouche béante devant l'efficacité redoutable de la chose. C'est l'effet 24 : une petite mélodie, le tic-tac reconnaissable entre tous, un "priviosly on twentifor", et nous voilà repartis sans problème pour un nouveau tour.

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Exactement la même chose qu'avant pourtant : des terroristes patibulaires qui, en mourant, révèlent qu'ils n'étaient qu'une partie d'un complot beaucoup plus grand ; des taupes cachées au sein du contre-terrorisme qui, en mourant, révèlent qu'ils sont aux ordres d'une taupe mille fois plus méchante ; un président qui prend à peu près systématiquement les mauvaises décisions ("je ne peux pas vous faire confiance, Jack, vous allez devoir vous débrouiller seul sur ce coup") ; deux trois blondes fatales plus ou moins amoureuses du Jack ; pléthore de figurants chair à canon qui n'ont qu'une ou deux répliques à dire avant de mourir assassiné par un vilain à accent ; un coup de théâtre toutes les 15 minutes ; et au milieu, Bauer, plus héroïque que jamais, plus taiseux que jamais, éructant des "Dam it" de sa voix d'infra-basse tout en balançant des roquettes d'une main, pilotant un drone de l'autre et téléphonant au président d'une troisième. Les bonnes vieilles recettes déjà en place pour la première saison, et qui sont ici copiées sans plus, avec la ferme conviction qu'elles marcheront toujours. Elles marchent toujours, même si les petits jeunes qui essaieront de regarder ça considèreront sûrement que c'est du feuilleton de papy. Bauer doit frôler les 75 ans, c'est vrai, mais Sutherland lui donne une texture quasi-mythologique : invincible, véritable robot prenant des décisions en un quart de seconde, apparaissant et disparaissant comme un fantôme (très belle image de son entrée dans la saison), connecté au monde entier, passant à travers les murs et les barrages de Russes sur-armés, il est le Héros à l'état pur. Toujours aussi ambigu (la torture est devenue un passage obligé pour lui), toujours aussi sombre, il est l'âme noire de l'Amérique, le mercenaire qu'on envoie faire le sale boulot pendant que les ronds-de-cuir rondecuisent.

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Cette fois ça se passe à Londres, sur 12 heures seulement donc, durant lesquelles un cartel de terroristes odieux ont entrepris de détourner des drones pour anéantir la City et trucider le président. Les Chinois et les Russes vont s'y mettre aussi, on va être à deux doigts d'une troisième guerre mondiale, à moins que Jack, juste avant le "tip-tip-tip" final... On retrouve Chloé (habillée en gothique, elle a dû lire Millenium), et aussi quelques personnages connus de la série, je ne vous dis rien. On retrouve la même mise en scène survoltée, caméra à l'épaule, split-screens savants, gestion du "temps direct" au taquet, atmosphères urbaines rendues par une photo métallique, bel équilibre entre grands évènements mondiaux et tout petites aventures (le sort de la planète repose bien souvent sur une porte qu'il faut passer ou une victime qui parvient à s'échapper). C'est absolument addictif pour peu qu'on accepte toutes les invraisemblances de la chose, d'autant que concentrée sur 12 épisodes seulement, la série semble avoir trouvé son vrai rythme : pas de place pour les mille sous-trames qui cassaient le bazar ; de l'action, rien que de l'action, et une belle linéarité de la narration, qui confine presque à l'épure. Cela n'exclut pas du tout les dilemmes moraux et sentimentaux auxquels nos personnages doivent faire face, et la série est trépidante de bout en bout. Le dernier épisode est même remarquable, organisant une énième disparition de son héros qui n'a décidément pas fini d'en baver des ronds de chapeaux. Pour le reste, on sait exactement ce qui va se passer, et on ne sait jamais ce qui va se passer... mélange, si vous voulez, du plaisir de la répétition et de l'univers connu avec de la surprise constante. Du plaisir, rien que du plaisir, auquel vient s'ajouter un petit côté vintage délicieux. Je signe quand vous voulez pour une suite. (Gols 22/07/14)

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Jack is back : il est toujours infaillible, n'a pas d'ami, est omniscient, ne rate rien. Je cherche les points communs qu'on pourrait avoir mais j'ai bien du mal - à part peut-être cette saine humilité et ce sens du sacrifice, je vois pas (...). Bref, 24 heures ne dure plus que 12 heures et c'est bien mieux, ça évite en grande partie les intrigues totalement inutiles pour bourrer le mou. Ce n'est pas que cela parte non plus sur les chapeaux de roue (les 6 premiers épisodes m'ont laissé vraiment penaud... à tel point que je me demandais si le Kiefer ne ferait pas mieux de passer la main) ; heureusement, on reprend ensuite un bon rythme de croisière, Jack, flingue en main, descend de l'humain ou te le défenestre en clignant à peine des yeux (il a un ptit tic, vous aussi vous avez remarqué - surtout quand il est fatigué, non ?) et n'est jamais du genre à tergiverser... C'est un peu ennuyeux, on aimerait bien au moins une fois qu'il prenne à gauche au lieu de prendre à droite, genre - c'est pas possible d'avoir un GPS intégré dans le cerveau et d'atteindre sa cible à tous les coups, on est d'accord. Un côté super héros qui lasse un peu, d'autant que côté émotion et sentiment, c'est vraiment la partie congrue (un joli split screen avec Audrey - si loin, si proche ; une "EVEntuelle" complicité avec la chtite blonde mais ils n'ont même pas le temps de boire un café tant les drones sont super rapides).

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Et puis il y a Chloé, parmi les personnages incontournables de la série, genre de mix entre Yolande Moreau et une créature de Tim Burton, toujours aussi à l'aise avec un clavier, toujours aussi têtue et gaffeuse - mais pas bête, 'tention. 24 heures est toujours aussi palpitant dans les scènes d'action mais on fnit par être tellement en terrain continue qu'on consomme ça aussi facilement qu'un pot de Nutella sans penser vraiment au contenu... De toute façon, on sera là pour la saison 10, donc à quoi bon ergoter... (Shang 08/09/14)

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