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Des films noirs, il y en a aussi des tout petits, des à la hauteur de Mickey Rooney, un Mickey qui a beau se donner à fond les ballons sur la batterie, rien n'y fait : un scénario de tanche filmé platement n'aura jamais aucune chance de sortir la tête de l'eau. Pour évacuer la chose scénaristique en deux lignes : une petite vendeuse de cigarettes est retrouvée morte dans son appart, un ponte moustachu de la mafia dans le sien. Ont-ils un dénominateur commun ? Bien sûr, le gars Mickey ; ce dernier va se faire un plaisir de raconter en flash-back comment il a bossé pour l'un, comment il est tombé amoureux de l'autre. Et ?

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Ben franchement, c'est pas passionnant, voire on s'en fout un poil. Rooney avec son air innocent en mafieux ? Oh oh, ah ah. Lui-même, il n'y croît pas. Rooney avec son mètre 11 qui va tomber une vendeuse de cigarettes qui fait 12 talonnettes de plus que lui ? Bouarf. Ronney qui se prend pour Jeff Porcaro ? Bon, why not, allons, d'autant que les morceaux musicaux sont encore ce qu'il y a de mieux - même si parfois, à force de les enchaîner, on oublierait presque qu'on matait un film noir et non une émission de variétés de Michel Drucker en 1951. C'est pas du Drucker, car les morceaux sont bons, certes. Armstrong et sa trompette pètent le feu et la chtite mélodie Kiss to build a Dream on reste résolument dans la tête. C'est mieux que rien. On pourrait aussi, éventuellement, dans un bon jour, saluer le numéro de gambettes de Sally Forrest. Pas mal. Que dire de plus sur son personnage ? Toute gentille au départ avec le Mickey, elle se fera rapidement vénale et carriériste comme toute bonne vendeuse de cigarettes, c'est l'époque qui veut ça, point - la toute mimi Edna (Kay Brown) a l'air plus honnête... ce sera son seul long-métrage (Pas de pitié à Hollywood, no). Bref, entre deux morceaux de cake truffés d'Armstrong, on prend son mal en patience. Heureusement, la fin est torchée en deux coups de cuillère à pot (on sent que le scénariste s'est franchement débarrassé de l'affaire) et laisse le sourire aux lèvres vu qu'elle est... relativement noire. Cela n'empêchera pas Rooney de faire un ultime roulement de tambour mais comme il sonne en quelque sorte la délivrance, on ne lui en voudra guère. Kardos n'a pas fait carrière, tant mieux.

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