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Moi qui ai toujours été un grand passionné de botanique et de sciences naturelles (rien n'est moins faux), je tentai ce film sur l'environnement en me disant que cela pourrait toujours intéresser deux trois braconniers sur mon îlot (ouais, je planifie mes activités...). C'est un film parfait pour le dimanche après-midi, très reposant : tu vois un arbre, tu fermes un oeil, les deux, tu te réveilles 5 minutes plus tard, tu vois un arbre, tu as la délicieuse impression d'avoir rien raté, même pas besoin de revenir en arrière... Il faudrait mettre tous les hommes en prison pendant 700 ans le temps, le temps aux forêts tropicales de se refaire - sinon c'est mort (donc en gros, c'est mort). C'est par conséquent très émouvant d'assister en un sens aux dernières images des saloperies d'insectes qui vivent dans ces forêts habitées par ces "grands êtres de bois immobiles", après pffiout... On apprend plein de trucs dans le bazar : comment une plante accueille les fourmis en son antre pour que celles-ci combattent les chenilles, comment les arbres tentent de voyager en jetant leurs fruits par terre le plus loin possible ou encore comment les lianes sont malines pour s'adapter et étranglent irrémédiablement leurs adversaires. Les images de la natures sont jolies, notamment ces longs "travellings" verticaux qui finissent leur course au niveau de la canopée ; c'est dommage qu'elles soient polluées par des effets numériques balancés à l'envi pour montrer le développement d'un arbre ou d'une plante : ils sont assez laids et finissent par faire croire qu'on assiste à un vieux clip de Ravi Shankar si ce dernier avait vécu au Congo - grosso modo... Pas grand-chose à dire de plus sur ce doc qui part forcément d'un bon principe (sauvons les arbres, tuons les hommes) mais qui s'avère parfois aussi chiant qu'une balade en forêt en famille le dimanche aprème - nan, allez, j'exagère... Disons alors gentillet, mouais.   (Shang - 23/03/14)

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Voilà, c'est ça. C'est même encore plus chiant que ça, mais c'est bon enfant, disons. J'ai eu la chance de voir ce film sur grand écran et en présence de Francis Hallé, qui est le seul héros de ce bazar qui montre une forêt débarrassée des hommes, excepté de lui-même. Ça a au moins l'avantage de donner lieu à un débat après le film, et donc d'apprendre au moins deux-trois choses sur la forêt. Parce qu'il faudra pas en attendre beaucoup de ce film entièrement tourné vers le sentiment, la poésie et les petits papillons. D'infos, quoi qu'en dise mon camarade, point, ou très peu : ok, la forêt se disperse grâce aux animaux, mais à part ça, hein... Le comble est le côté illustratif que revêt la mise en scène : on nous dit que les arbres communiquent, et aussitôt on entend des murmures en voix off. Appelez-nous andouilles tant que vous y êtes. Tout le film est comme ça, très jeune public, très beau dans le sens "paradis perdu" du terme. Tout est luxe, calme et volupté, agrémenté de cette fatigante et éternelle musique planante propre à ce genre de productions. Les images de synthèse, effectivement très laides, polluent toutes les images ou presque, d'autant qu'elles ne servent jamais à donner de l'info, mais plutôt à fantasmer une pseudo-transformation de visu de la forêt.

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Bon, malgré toutes ces réserves, il y a quelques qualités dans ce film, à commencer effectivement par ces mouvements de caméra très élégants le long des arbres. Et aussi par la place singulière qu'occupe Hallé dans la forêt : il y a un effet "Où est Charlie" dans sa façon d'apparaître toujours dans les endroits les plus improbables, au sommet des grands arbres la plupart du temps, et son personnage, tout en effacement et en observation, est assez bien vu. Il est bien dommage que le film efface toute présence humaine autre que la sienne, imaginant un monde privé de leur néfaste (ou bénéfique) influence, et rendant du coup cette vision de la forêt un peu fausse et idyllique. On se doute bien que ce gros arbre ne tombe pas par l'opération du Saint-Esprit, et qu'il a bien fallu des tronçonneuses pour l'abattre ; pourquoi ne pas les montrer, et expliquer en quoi cet abattage est utile ou inutile ? Bref, un film qui ne dit pas grand-chose, qui le dit assez mal, avec ça et là quelques moments de poésie attachants.   (Gols - 30/11/16)