pieces-detacheesOn connaît mal le milieu des pièces détachées mexicain, avouez. Le fait qu'on s'en foute est un autre problème, on connaît mal, un point c'est tout. Pour son premier film, Aarón Fernandez a jugé utile de nous le faire découvrir, c'est sympa. Nous voici donc infiltré dans le complexe réseau des rétroviseurs volés et des jantes arrachées, constitué en gros du jeune héros et de son oncle, plus un vague mafieux à deux pesos. Le gamin, poussé par tonton qui va l'amener aux States dès la somme du passeur réunie, dérobe avec son pote les pièces, d'abord gentiment amateur, puis de plus en plus pro. La spirale n'est pas loin, bambino, et le mafieux guette. On sent dès le départ, vu cet univers impressionnant, qu'on va se passionner pour la chose.

Si vous n'êtes pas allé au cinéma depuis 1931, ce sera le cas. Fernandez, fidèle au titre de son film, semble prendre des pièces de plein de films sur le genre pour les remonter dans son machin à lui. Chaque scène est ainsi attendue environ 20 minutes à l'avance, et l'ensemble déroule paresseusement sa trame avec ses éternels jalons : les petites combines marrantes entre copains, les brouilles, le succès, l'apparition du flingue, les premières craintes, le drame, etc. Tout a déjà été vu ailleurs le mois dernier. Complètement privé d'enjeu, absolument inutile que ce soit d'un point de vue esthétique ou politique, Pièces détachées filme mal le vide absolu. La seule chose qu'on peut en dire, c'est que les deux mômes sont jolis et attachants, et que c'est trop ballot ce qui leur arrive. Pour le reste, voilà de la soupe fade comme on en voit peu, un film mort-né absolument sans intérêt.